Frédéric Daerden: "Le système actuel des pensions est viable"

Frédéric Daerden (PS) s’est dit "surpris" par l’interview de Charles Michel accordée au Soir où le Premier ministre a parlé de "trumpisation" des partis de l’opposition. Selon le chef de groupe PS à la Chambre, Charles Michel doit accepter la contestation.

"Un chef de gouvernement doit être au-dessus de la mêlée. Il faut accepter la contestation au niveau du Parlement fédéral qui se veut argumentée et accompagnée de propositions. Nous sommes très loin de la trumpisation", lance-t-il.

Frédéric Daerden ajoute que cette "trumpisation" est plutôt dans le gouvernement fédéral : "Le New York Times avait titré que Theo Francken était le Trump flamand. C’est une réaction qui traduit un peu de fébrilité de la part du Premier ministre."

Pas de commission Mawda tout de suite

Les parents de Mawda ont demandé de mettre en place une commission d'enquête parlementaire sur les circonstances de la mort de leur fille de deux ans. L’homme politique socialiste ne souhaite pour sa part pas directement ouvrir une commission d'enquête : "Il doit y avoir une enquête sérieuse par des professionnels. Ce n’est pas l’heure de politiser les choses."

En matière de politique migratoire, Frédéric Daerden estime que le gouvernement adopte une attitude "provocante" "qui va parfois au-delà des libertés individuelles, notamment en matière de dénonciation et d’accueil des migrants".

Selon lui, la Belgique n’est plus "une terre d’accueil" : "Il y a un climat particulier anti-asile avec les provocations du secrétaire d’État." 

Réduction du temps de travail

Frédéric Daerden souhaite par ailleurs une réelle réflexion sur la réduction du temps de travail, tout en concédant qu’"on n’a jamais dit que ça devait être une réduction linéaire ou que c’était faisable à court terme."

Il estime qu’il faut aller vers une autre organisation du travail. "C’est loin d’être des promesses populistes. Je suis vraiment favorable à la mise en place de projets-pilotes accompagnés par la Région Wallonne ou le fédéral pour voir dans quel secteur on peut le faire. Nier qu’il faudra travailler moins pour permettre à tout le monde de travailler, c’est être à côté de la question."

Pensions à 65 ans, une condition

Le retour de la pension à 65 ans est une condition pour rentrer dans un gouvernement : "Notre rôle est d’avoir un rapport de force suffisant pour pouvoir l’imposer au prochain gouvernement. On constate que le passage à 67 ans n’est pas une nécessité financière", justifie-t-il.

Il s’appuie sur des chiffres qui montrent que l’espérance de vie en bonne santé est en diminution : "Il est en dessous de 64 ans et on veut faire travailler les citoyens jusqu’à 67 ans. C’est une hérésie. Il faut les inciter à travailler plus longtemps s’ils en sont capables, on ne peut pas les forcer."

D’après lui, on dramatise le problème : "Le système actuel est viable. Il doit évoluer mais il est lié à beaucoup de facettes, comme la pauvreté, le marché de l’emploi. Il faut y réfléchir de manière globale."

Sa proposition est d’élargir la base de financement : "Il est clair que les pensions ne seront plus finançables seulement sur la base des cotisations des travailleurs. Il faut l’élargir par le biais du budget et du financement alternatif de la sécurité sociale consolidée."

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