Frapper une femme pour vendre un hamburger: "Bicky va perdre des clients avec ça" affirme un spécialiste de la pub

Frapper une femme pour vendre un hamburger: "Bicky va perdre des clients avec ça" affirme un spécialiste de la pub
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Frapper une femme pour vendre un hamburger: "Bicky va perdre des clients avec ça" affirme un spécialiste de la pub - © Tous droits réservés

Plusieurs responsables politiques veulent déposer plainte auprès du jury d’éthique publicitaire contre la pub de la marque Bicky sur les réseaux sociaux. C’est un dessin style comics des années 60, où l'on voit un homme donner un coup de poing à une femme parce qu’elle lui rapporte un "faux" hamburger, comprenez un hamburger qui n’est pas de la marque.

"C’est scandaleux qu’encore aujourd’hui des annonceurs publicitaires utilisent la question de la violence faite aux femmes comme accroche publicitaire. On sait qu’il y a en Fédération Wallonie-Bruxelles 18 000 plaintes pour violences et discriminations faites aux femmes, donc ce n’est pas normal que dans notre société actuelle il y ait autant de discrimination ou de violence. On ne fait pas du fric sur le dos des femmes ou sur la question des violences faites aux femmes. On doit leur reconnaître leurs droits de victimes et il y a aussi du travail à faire pour pouvoir reconnaître les femmes dans cette réalité-là", a ainsi affirmé Bénédicte Linard, ministre des Droits des femmes.

Certains se demandent toutefois si ce "bad buzz" n'est pas délibéré pour provoquer le scandale, parce que l’objectif principal d’une pub est encore de faire parler d’un produit. Il y a quelques mois, une vidéo mettait en scène une femme étant visiblement passée plusieurs fois par la chirurgie esthétique, avec la légende : "Elle a déjà fait de nombreux mauvais choix, mais pas pour de la vraie viande".

Ou pour la journée mondiale de l'Alzheimer, légender "Pouvoir manger toutes les demi-heures un Bicky sans culpabiliser #quandmêmeunavantage #journeedelalzheimer".

"Ca ne marche plus"

Mais selon Eric Hollander, la vieille maxime "Qu’on dise du bien ou du mal de moi, peu importe, pourvu qu’on en parle".... "ça ne marche plus comme ça, c’est la bonne nouvelle. Bicky va perdre des clients avec ça. Sachez-le bien ! Il y a des appels au boycott sur Internet. Aujourd’hui, les consommateurs ont heureusement ce pouvoir-là. Je pense qu’il n’y a plus jamais une femme qui va acheter un Bicky burger dans la moindre friterie, et comme les hommes ne sont pas tous complètement idiots, ils ne vont plus y aller non plus".

Extrait de Matin Première

Eric Hollander de l'agence de publicité Air

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