Frans Van Daele, un grand commis d'État au service du Roi

Son nom ne vous dit peut-être rien mais Frans Van Daele a été un grand commis de l'État. Pendant près des 5 ans, il a été chef de cabinet du roi Philippe. Sans doute l'un des postes les plus stratégiques au palais. Aujourd'hui, à 70 ans, il est fraîchement retraité et il a accepté de se confier.

Une image caricaturale

Au départ, l'homme est diplomate aux Etats-Unis, puis à l'Otan. Dans la foulée, il devient conseiller d'Herman Van Rompuy à l'Europe. Il est ce qu’on appelle dans le milieu "un grand gabarit" ! Entre-temps, il fait la connaissance du prince Philippe dans les années 80 et il gagne sa confiance. Lorsque le prince devient Roi et qu’on lui cherche un nouveau chef de cabinet, son nom s’impose comme une évidence. Depuis le début, Frans Van Daele a toujours pensé que les critiques vis-à-vis du Roi étaient injustes. "L'image qu'on se faisait de lui relevait de la caricature, il y avait une sorte de mode de vouloir ignorer les talents qu'il possède", raconte-t-il. "Le fait de parler de parcours sans faute, c'est comme s’il était prévu qu'il en fasse", ajoute-t-il.

En bientôt 5 ans de règne, Frans Van Daele estime que le roi Philippe n’a pas vraiment fait de faux pas. Le weekend en thalasso que le Roi s’était octroyé fin 2015, après les attentats de Paris lorsque la Belgique est passé au niveau 4 de la menace est pour l’ancien conseiller un mauvais procès fait au Roi. "Cela relève de l'exploitation sensationnelle", insiste Frans Van Daele.

Prudent et influent à la fois

En tant que premier conseiller, le chef de cabinet du Roi est en toute première ligne pour former le gouvernement fédéral. Pour Frans Van Daele, "le moment était fascinant car le Roi peut agir sans couverture politique". Mais ne comptez pas sur lui pour divulguer le moindre détail. Il sait que le parti socialiste lui a reproché de ne pas avoir été suffisamment écouté.

Si la prudence a toujours été le mot d'ordre de l’ancien conseiller, il défend le côté "influent" de la fonction royale. "Le Roi a un vrai pouvoir d'influence, il peut dire à ses interlocuteurs ce qui l'inquiète. La prudence et l’influence sont compatibles pour le diplomate que je suis !" Pour l'avenir, il ne voit pas vraiment d'intérêt pour une monarchie protocolaire car, à ses yeux, le système fonctionne bien comme cela.

Déjà baron, le diplomate Frans Van Daele a été nommé ministre d'État lorsqu'il a quitté le Roi l’hiver dernier. Il a été remplacé par Vincent Houssiau.

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