Frank Vandenbroucke et la potion magique : histoire d’un pari fou

Ça pourrait être une histoire belge, celle d’un homme, Frank Vandenbroucke, qui décide seul, face à la France, l’Allemagne, l’Italie, de faire confiance aux experts belges. C’est l’histoire d’un vaccin, vilipendé depuis des mois, mais pièce angulaire de la stratégie de vaccination belge. C’est l’histoire d’un emballement, de la dictature de l’émotion (étrangère) face au sang froid (des "voisins belges"). C’est l’histoire enfin de ce qui est aussi un pari politique, d’un homme, ministre de la Santé régulièrement attaqué pour sa froideur et son manque de flexibilité. Frank Vandenbroucke est le grand "gagnant" de la semaine.

Cette histoire, elle débute dimanche 14 mars, au soir. Des coups de fil s’échangent. Au bout du téléphone : d’un côté Frank Vandenbroucke et le professeur Dirk Ramaekers, patron de la taskforce vaccination ; de l’autre, Yvan Van Laethem, qui outre sa casquette de porte-parole, préside le NITAG, le groupe technique de conseillers belges de la vaccination, au sein du CSS, le Conseil supérieur de la Santé. La question du duo Vandenbroucke/Ramaekers est simple et binaire : oui ou non, la Belgique doit-elle continuer l'administration de l’AstraZeneca ? En quelques heures, Yves Van Laethem et son équipe collectent les réponses des experts. Et la réponse est claire et nette : 15 oui, 0 non, 2 personnes voulaient plus de données. "Oui", il faut continuer la vaccination, c’est la position du Conseil supérieur de la Santé.

Quelques minutes après la publication, sur notre site, de la décision du CSS, c’est l’emballement général. Allemagne, Italie, France, Espagne, tous ces pays suspendent les uns après les autres le vaccin AstraZeneca. Frank Vandenbroucke informe ses collègues du comité ministériel restreint qu’il suivra l’avis des experts belges. Et le voilà, sur les plateaux de télé, à défendre sa décision.

Finalement, trois jours plus tard, l’agence européenne des médicaments a rendu son verdict : elle confirme l’utilisation du vaccin AstraZeneca. Dans cet épisode, nous revenons sur toute cette séquence politique un peu folle, sa genèse. On évoque également l’impact psychologique de ces derniers jours et l’avenir aussi : comment faire adhérer les personnes hésitantes à tout de même se faire vacciner avec deux des 7,5 millions de doses d’AstraZenaca que la Belgique a commandées... 

Ecoutez ci-dessous l'épisode 6 du podcast "Les Quatre Saisons"

Et pour aller plus loin, voici l'interview intégrale de Vincent Yzerbyt, professeur de psychologie sociale à l'UCLouvain. Interview effectuée mercredi le 17 mars 2020.

Un nouveau podcast

Vous raconter la politique belge à "l’ère" de la Vivaldi, c’est l’ambition et l’objectif du podcast "Les Quatre Saisons". Chaque semaine, hors congés scolaires, nous nous attacherons à déchiffrer la partition jouée par nos responsables politiques, tous niveaux de pouvoir confondus. Nous serons dans l’actu la plus chaude, comme l’épisode de cette semaine, mais aussi dans des dossiers plus intemporels. Avec toujours la même ambition : décoder la mélodie, traquer les désaccords des symphonies politiques belges.

Chaque épisode est composé de deux parties :

  • Un récit sonore d’une grande richesse, entre déclarations fortes, gimmicks, extraits de film, le tout habillé par "Les Quatre Saisons" d’Antonio Vivaldi, rejouée Jérémy Bocquet, responsable de la création sonore
  • Une partie "talk" éditorialisée où nous prendrons le temps de l’analyse des partitions politiques

Les épisodes ne dépassent pas les 15 minutes.

"Les Quatre Saisons", un podcast de la rédaction belge dirigée par Laurence Brecx, sur une idée de Thomas Gadisseux, Baptiste Hupin et Himad Messoudi. Création sonore : Jérémy Bocquet. Production : Hugues Lanneau.

Comment vous abonner au podcast "Les Quatre Saisons" ? On vous explique tout ici.

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