Frank Robben, responsable de la Smals : "Les couacs de la campagne de vaccination sont dus aux changements multiples autour des vaccins lors de la mise en place"

Un homme de l’ombre, mais au centre de tout depuis un an : des données Sciensano à la vaccination, en passant par le testing, le tracing, les call centers… Frank Robben, interrogé ce vendredi matin sur Matin Première, est à la tête de la société Smals, le bras informatique de l’Etat. Et dans le viseur. Particulièrement après les tout récents couacs des convocations pour la vaccination.

Des couacs dus à la difficulté de mise en place. Il faut savoir, explique en substance Frank Robben, que la base de données centrale comprend les adresses postales des citoyens, auxquelles on a ajouté les coordonnées mails et GSM.

Des coordonnées qui sont collectées via les mutuelles et l’Inami, sur base de la déclaration des citoyens. Les adresses postales sont correctes, elles viennent du registre national. Les adresses mails sont déclaratives.

A Bruxelles, "on a voulu aller vite et on a invité les gens à se faire vacciner en se basant sur les données informatiques". En Flandre, "on a choisi d’aller plus lentement, en invitant les personnes à se faire vacciner par voie postale, et en optant pour la préréservation". Un système différent, qui a pu occasionner des couacs. "Mais le système marche maintenant : hier 35.000 invitations ont été envoyées".

Multiples changements autour des vaccins

Mais la mise en place a été largement compliquée par les multiples changements autour des vaccins : "AstraZeneca pas pour les plus de 55 ans, maintenant oui par exemple".

Une accélération de la campagne de vaccination est-elle possible ? "Oui, la base de données centrale est complète, les centres de vaccination ont la possibilité de télécharger, selon leur rythme et capacité, les invitations". Et, bien sûr, si la voie postale est sûre, on dépend de ce que les citoyens ont donné comme informations sur leurs données mail et GSM.

Secret médical ?

Et justement, qu’en est-il en ce qui concerne le secret médical ? Est-il garanti ? "Oui", affirme Frank Robben : "il n’y a aucune donnée de santé dans la base de données. Ce qu’il y a, c’est nom, prénom, adresse, sexe et date de naissance. Car les invitations se font sur base de l’âge. Le choix des gens vaccinés en premier lieu, c’est une décision du Conseil supérieur de la Santé."


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Il faut connaître les gens ayant des comorbidités pour pouvoir les inviter, mais sans savoir de quelle comorbidité il s’agit, cela ne figure pas dans la base de données centrale. "On propose d’ailleurs, pour les personnes de 18 à 64 ans de mixer dans les invitations des personnes n’ayant pas de comorbidité": on ne peut dès lors pas déduire du fait d’être vaccinées que ces personnes sont atteintes de l’une oui l’autre maladie.


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Les silos restent étanches. Quand les gens seront vaccinés, il y aura un lien avec la base de données pour être sûrs que les vaccins sont effectifs. Sciensano se chargera des études. C’est dans l’accord de coopération, soumis au vote dans les différents parlements".

Big Brother? 

Frank Robben (et ses multiples mandats) suscite, lui-même, la controverse.  D’un côté, il dirige des administrations qui gèrent les échanges de données. De l’autre, il contrôle la bonne utilisation des données par la force publique. Pour nombre d’observateurs, il y a là un conflit d’intérêts. 

"Je n'ai participé à aucune décision, aucune délibération sur les dossiers préparés avec le gouvernement, que ce soit clair! Regardez les rapports, et je peux vous donner les mails : chaque fois quand il y a un dossier dans lequel je suis impliqué, je me récuse, et je ne participe pas aux délibérations".

Big Brother? "Tous les systèmes que j'ai faits sont des systèmes décentralisés et tous mes organses de gestion sont composés par des représentants de ceux sur qui on traite des informations. Et je veux bien l'expliquer au Parlement!"

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