Françoise Schepmans (MR) : "Aujourd'hui, plutôt qu'une fois, la police passe deux fois à Molenbeek"

Près d’un an après les attentats de Bruxelles, le 22 mars 2016, et un an jour pour jour après l’arrestation de Salah Abdeslam, rue des Quatre-Vents à Molenbeek, la députée bourgmestre de Molenbeek, Françoise Schepmans (MR) est ce samedi 18 mars l’invitée du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première.

Pointée du doigt après les attentats de Paris le 13 novembre 2015, la commune de Molenbeek avait été critiquée notamment par les médias étrangers, la France et certains politiques en Belgique. "Aujourd’hui, le quotidien a repris ses droits dans la commune", réagit Françoise Schepmans. "Nous avons été particulièrement meurtris. Il y a eu un Molenbeek-bashing pendant plusieurs mois. On a senti une anxiété dans la population. Mais on a vu aussi beaucoup de solidarité. Les Molenbeekois se sont réunis pour oser défendre leur identité. C’était le moment le plus fort que j’ai vécu depuis ces événements dramatiques qui ont impacté Molenbeek après le 13 novembre 2015".

Une mise en ordre nécessaire

"Aujourd’hui, on est plus attentif aux phénomènes de radicalisation" précise Françoise Schepmans qui défend le bilan de son action au niveau communal, en collaboration avec le fédéral. "La commune a voulu réagir directement. On a dit : c’est nous qui allons présenter un plan ! C’est nous qui allons demander d’avoir plus de policiers et on en a obtenu. Ils nous aident à soutenir la police locale car une mise en ordre est nécessaire et on ne l’a pas fait pendant plusieurs années".

"On déménage beaucoup à Molenbeek", poursuit la bourgmestre MR. "Aujourd’hui, on vérifie mieux les demandes d’inscription. Plutôt que passer une fois, la police passe deux fois".

Ressenti ou réalité ?

Devant la commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les circonstances qui ont conduit aux attentats terroristes du 22 mars 2016, le fonctionnaire de prévention qui travaille à Molenbeek a déclaré que le nombre de jeunes qui adhèrent à un discours radical augmente dans la commune. Françoise Schepmans réagit : "Il a parlé de son ressenti. Il a une meilleure connaissance de la situation. Aujourd’hui, le phénomène de radicalisation est mieux appréhendé".

WAM 1080

Ce samedi 18 mars est organisé un projet participatif au centre communautaire maritime de Molenbeek : We Are Molenbeek 1080. Une centaine d’habitants de la commune y participent. "L’objectif, c’est de faire parler les citoyens de Molenbeek car à la suite des attentats il y a eu beaucoup de focus sur Molenbeek, de nombreuses études. Mais c’est aux Molenbeekois à se réunir et à dire comment eux ressentent le radicalisme. Et leur permettre de faire des propositions", conclut Françoise Schepmans.

L’interview de Françoise Schepmans a été réalisée par Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef au journal Le Soir, Hélène Maquet, journaliste à la rédaction bruxelloise de la RTBF, et Jacques Crémers, chef de rédaction de La Première/RTBF.

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