Françoise Bertieaux: "Le décret inscriptions, ce sont ratés sur ratés"

Françoise Bertieaux
Françoise Bertieaux - © RTBF

Pour la cheffe de groupe MR à la Fédération Wallonie-Bruxelles Françoise Bertieaux, le dernier rapport PISA montre que notre enseignement "reste quand même mauvais". Il ne faut plus de réformes, dit-elle à la RTBF. Mais il faut concentrer les moyens sur les "socles où les enfants construisent leurs bases" selon elle.

Selon le dernier rapport PISA, les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles se situent dans la moyenne des pays de l’OCDE. De légers progrès sont observés en mathématiques et en lecture. Par contre, c’est un mauvais bulletin pour les sciences. Pour Françoise Bertieaux, cheffe de groupe MR à la Fédération Wallonie-Bruxelles, interrogée par Bertrand Henne, la petite progression est encourageante, "mais cela reste quand même mauvais. Ce qui reste préoccupant, c’est que les élèves les plus faibles restent très en-dessous des moyennes. On a envie de dire simplement : ‘peut mieux faire’. On doit progresser et, surtout, on doit aller rechercher les plus faibles".

"Il y a une double inégalité" poursuit-elle, "une dualisation entre l’image et le niveau de certaines écoles, et une dualisation de la société. Il y a des enfants qui ont plus de chances que d’autres de réussir quand ils rentrent à l’école, par exemple parce qu’ils maîtrisent la langue de l’enseignement pour commencer. Et qu’ils peuvent comprendre les consignes qui leur sont données, parce qu’ils ont déjà approché des livres à la maison". Malgré le "financement différencié" (certaine écoles qui accueillent plus d’élèves en difficulté reçoivent plus d’argent), mis en place il y a une vingtaine d’années, on n’arrive pas à réduire ces "inégalités criantes", regrette Françoise Bertieaux.

"Le décret inscriptions, ce sont ratés sur ratés"

Pour la cheffe de groupe MR, "le décret inscriptions, ce sont ratés sur ratés. Les critères géographiques font qu’il y a un côté ‘ghetto’. Il enferme les enfants dans une certaine zone géographique, plutôt dans leur quartier, plutôt que de les ouvrir à d’autres quartiers. Il laisse chaque année des traces avec les enfants qui restent des semaines et des mois sans école. Et on n’a pas prouvé qu’il créait une mixité durable dans les écoles. Au contraire, le taux d’échec ou d’exclusion dans la première partie du secondaire est en augmentation".

En matière d’enseignement, le MR se veut "réaliste dans le cadre budgétaire actuel: il ne faut pas être superlatif, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain" dit encore Françoise Bertieaux; "nous sommes favorable au CEB, à une évaluation externe. Mais ce qui nous inquiète, c’est que chaque année on en descend le niveau. On n’évalue pas ce que l’enfant devrait vraiment maîtriser en sortant de primaire, mais on évalue pour qu’un maximum d’entre eux réussisse".

Françoise Bertieaux demande que "les moyens soient concentrés sur cette partie de l’apprentissage où les enfants construisent leurs bases, où ils apprennent à maîtriser la langue, les opérations de bases en mathématique. La première chose à faire, c’est de consolider ces socles. Le monde enseignant n’a plus envie de réformes. Il faut garder ce que les enseignants maîtrisent et leur faire confiance".

Académies: "Un mauvais signal"

A partir de la rentrée scolaire prochaine, un minerval de 17 euros sera exigé aux familles défavorisées qui souhaitent inscrire leur enfant dans une académie. Jusqu’à présent l’inscription était gratuite. Le MR demande que l’on retire cette mesure : "Ces 17 euros peuvent simplement faire qu’on n’inscrira pas l’enfant en académie. Pour un gouvernement de gauche c’est un très mauvais signal donné aux populations les plus défavorisées" selon Françoise Bertieaux.

Le gouvernement de la Fédération a annoncé la création de 13 750 nouvelles places dans les écoles de Wallonie et de Bruxelles. "J’ai besoin de certitudes" commente François Bertieaux : "Quelles écoles ? Où ? Comment payera-t-on ? Depuis une semaine, la valse des millions est annoncée : 55 millions la semaine dernière ; 600 millions d’euros empruntés annoncés lundi. Je ne sais pas comment on va les rembourser avec l’endettement de la Communauté. Mais surtout on arrive à un stade d’urgence qui devient préoccupant".

A.L. avec B. Henne

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