François De Smet (DéFI) : "Pour moi, la société civile n'a pas vocation à gouverner"

Une nouvelle étape se profile ce vendredi dans les négociations pour former un nouveau gouvernement en Région wallonne : PS et Ecolo doivent se lancer sur une base de négociation avec en toile de fond, une participation de la société civile à la coalition. Ecolo n’en démord pas. Pour lui, il faut absolument associer la société civile.

Un avis que ne partage pas François De Smet, député fédéral, invité de Matin Première ce vendredi. L’ancien directeur de MYRIA, le Centre fédéral Migration, vient pourtant lui-même de la société civile et a été enrôlé en politique par DéFI (il avait déjà travaillé auparavant pour des cabinets libéraux). Mais pour lui, il y a "une frontière très nette" entre la société civile et la politique.

"Pour moi, la société civile n’a pas vocation à gouverner"

Si François De Smet affirme ne pas vouloir s'"immiscer dans les négociations wallonnes (DéFI n’a pas de représentant)", il estime que pour lui, "la société civile n’a pas vocation à gouverner".

"Nous négocions à Bruxelles où cela se passe très bien. Là, il y a une majorité parlementaire et des convergences qui se dessinent et qui ont l’air claires. Donc, je ne veux pas jeter la pierre à nos amis wallons qui font ce qu’ils veulent, mais je suis un peu circonspect, c’est vrai".

"Favoriser les allées et venues" pour une meilleure "oxygénation de la démocratie"?

"On peut tout à fait dans une vie avoir plusieurs étapes professionnelles", argumente-t-il, "mais à chaque fois, je trouve qu’il faut jouer le jeu et respecter les frontières. Si vous êtes dans la société civile, vous avez une parole d’indépendance et de critique vis-à-vis du monde politique que vous n’avez plus dès le moment où vous franchissez le Rubicon. Ce qui n’empêche pas, et il y a des exemples d’allée et venue, et je trouve ça très sain, qu’une fois que vous avez fait un mandat politique vous pouvez revenir à d’autres fonctions, ce compris dans la société civile".

Pour le nouveau député fédéral, "favoriser les allées et venues" favoriserait "une oxygénation de la démocratie" : "Qu’on puisse faire quelque chose avant la politique, faire un ou deux mandats, et puis passer à autre chose et que beaucoup plus de monde fasse de la politique, ça c’est intéressant".

Mais François De Smet insiste : il faut "garder les frontières claires entre ce qui est la politique et ce qui est la société civile. Je trouve ce mélange des genres pas très convaincant".

Et de conclure : "J’aime l’idée qu’un gouvernement, quel qu’il soit, ait une majorité parlementaire, puisse rendre des comptes au pouvoir législatif qui est, au bout du compte, le vrai détenteur de la souveraineté".

La migration, une thématique dans laquelle il va falloir réinvestir

Lors de ce débat, il a également été question de la migration. Une thématique largement utilisée par les partis d’extrême-droite, dont le Vlaams Belang, pour gagner des électeurs. À la question de savoir s’il y a une certaine frilosité des partis progressistes d’aborder la question, François De Smet répond par : "complètement !" et estime qu’il faudra réinvestir sur ces dossiers. Ce qu’a essayé de faire son parti (DéFI) pendant la campagne, déclare-t-il.

"On a essayé, on a fait de notre mieux pour porter la migration dans la campagne de manière positive. Parce que la migration, c’est à la fois le respect des droits fondamentaux de manière intraitable, mais aussi accepter de gérer la migration. Et nous avons eu beaucoup de mal alors que la législature a été jalonnée de questions migratoires et de polémiques. On a eu beaucoup de mal à faire émerger ce thème qui, par contre, de manière souterraine via Facebook par le Vlaams Belang et par d’autres, a été exploité de manière simpliste".

Il affirme d’ailleurs qu’il a eu des discussions, y compris avec "des amis du monde associatif", où lui reprochait presque "d’essayer de faire de la migration un enjeu électoral" et qu’il ne fallait pas en parler. Un avis qu’il ne partage pas. Pour lui, au contraire, il faut en parler et "positiver le sujet parce que si vous ne le faites pas vous le laissez aux seuls populistes !" Et d’ajouter qu'"il y a tout à fait moyen de le faire de manière humaine, respectueuse et digne".

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