François De Smet (DéFi) ne veut pas d'une "union nationale : "Dans une démocratie saine, il faut une opposition forte"

Après l’union sacrée pour cause d’urgence sanitaire, le politique aussi se déconfine. Des consultations informelles en vue d’un nouveau gouvernement Fédéral ont bel et bien repris. Mais pour certains, on ne peut pas se permettre d’attendre jusque-là pour relancer une machine socio-économique plus qu’ébranlée par le Coronavirus.

Outre le statut d’artiste, pour lequel DéFi a déposé ce mardi une proposition de loi afin de faciliter l’accès mais aussi accorder le chômage temporaire pou ceux qui n’ont pas le statut, le président du mouvement François De Smet estime qu’il y a une urgence économique… et qu’il ne faut pas lier le plan de relance à la formation d’un gouvernement fédéral : "C’est l’œuf et la poule. On a besoin de l’un ET de l’autre, j’ai peur qu’en conditionnant le plan de relance à la formation d’un gouvernement fédéral, on n’y arrive pas, or, on a besoin d’un gouvernement de plein exercice, et on a besoin d’un plan de relance".

Pour François de Smet, il est normal que le PS ait pris l’initiative en la matière, mais il faut maintenant avancer : "Je trouve ça positif que quelqu’un prenne la main. Et ce n’est pas illégitime que la famille socialiste, qui est la plus forte – ou plutôt la moins faible puisque tous les partis traditionnels ont bu la tasse- prenne l’initiative, ça ne peut pas faire de mal. Mais j’ai peur qu’on retombe dans le vortex où on a été plongé pendant un an, où on s’échange des notes, mais sans oser faire des choix. Or, il faudra bien qu’à un moment quelques grands partis passent au-dessus des querelles d’ego et osent faire des choix".

Pourquoi ça fonctionnerait aujourd’hui ? "A cause de l’urgence ! On est toujours dans une crise pandémique, on espère qu’on a passé le plus gros de la crise sanitaire, mais dans le meilleur des cas, on va rester avec des masques, des mesures de demi-confinement, et surtout, on va seulement commencer à faire face à une crise économique sans précédent : est-ce que c’est le moment de replonger dans l’incertitude voire dans des élections ?" interroge le président de DéFi.

Avec quelle coalition ? Il ne se prononce pas… mais écarte la piste d’une "union nationale": "Je ne pense pas qu’il faille un gouvernement d’union nationale des dix partis. Il faut aussi dans une démocratie saine une opposition forte, il faut arrêter d’avoir un parlement où la voix de l’opposition serait réduite au PTB ou au Vlaams Belang."

Et de conclure : "J’espère que le sentiment d’urgence va guider les rands partis, ce sont eux qui ont la clé".