François De Smet (DéFI) : "La N-VA a le goût de l'extrême droite"

Il est venu récemment avec une proposition de coalition "nommée "la coalition 77", il veut mettre en place super-commission pour penser la Belgique 2.0… Mais à quoi bon, disent certains ?

François De Smet, président de DéFI, y croit encore. "Il faut y croire et parce que nous ne sommes pas encore sortis d’une phase d’information, il est temps de passer dans une phase de formation. Il est temps d’acter la fin du scénario PS-N-VA. J’ai rencontré Koen Geens, j’ai découvert un homme compétent, à l’écoute, il m’a entendu sur un nombre de choses, mais il sait bien que sa première mission est de convaincre son propre parti, parce que la clef de cette mission est de mettre fin à l’ambivalence du CD & V qui reste scotché à la N-VA. Son parti est un vieux parti, un peu perdu, un peu désorienté qui est tétanisé comme tout le spectre flamand. Mais ils ont en face d’eux, un parti qui veut les détruire et qui veut dès que possible gouverner avec le Vlaams Belgang et ils s’en sont toujours mieux sortis quand ils ont essayé de gouverner contre.

N-VA infréquentable ?

"La N-VA n’est pas un parti comme les autres, un parti qui bazarde son propre gouvernement sur une question identitaire et de migration, un parti qui fait campagne contre une opposante politique (Zakia Khattabi) et un parti qui ne cache pas son envie de gouverner avec le Vlaams Belang dès que possible, ce n’est pas un parti comme les autres."

"Il existe deux types de partis : ceux qui suivent l’opinion et ceux qui ont encore l’ambition de la faire", disait François De Smet récemment dans un entretien au magazine Wilfried.

Coalition 77

Le président de Défi tend la main. "Il faut aider les démocrates flamands, et même si l’on souhaite dans l’idéal un gouvernement majoritaire dans les deux rôles linguistiques. Un scénario avec ou sans le CD & V, ferait que les Flamands seraient toujours mieux représentés que les francophones dans le dernier gouvernement entre 2014 et 2019. A mon avis il faut un gouvernement sans la N-VA, avec ou sans nous."

"J’ai pris les programmes, les notes d’informations et ma calculette. J’arrive à la conclusion que si on prend les trois familles de l’arc-en-ciel, soit les socialistes, les libéraux et les écologistes, et qu’on y ajoute DéFI ou le cdH, on obtient une majorité courte mais stable et cohérente", déclarait-il fin janvier. On la nommerait "coalition 77", pour le nombre de siège qu’elle aurait à la Chambre.

Dans cette même interview au magazine Wilfried, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, plaidait pour un retour à l’état unitariste.

Se prépare-t-on (encore) pour un grand big-bang institutionnel ?

François De Smet explique : "Nous avons fait campagne pour une vraie réforme de l’état, pas nationaliste ou identitaire mais pour voir à quel niveau, quelle compétence serait gérée le mieux. Moi je ne suis pas unitariste, dans le sens de revenir à la Belgique de papa, mais je suis un vrai fédéraliste et on peut préparer pour 2024 une vraie réforme de l’état, avec les citoyens, avec la société civile et on peut refédéraliser certaines matières, comme santé, immigration, transport et s’il faut régionaliser d’autres choses faisons-le, sur base objective et pas sur des fantasmes".

Congé de paternité : vers une obligation et un allongement de la durée ?

Pendant ce temps, en tant que député, François De Smet travaille sur des textes de loi. Des réformes éthiques, une proposition pour augmenter le congé de paternité. "On voudrait que ce congé de paternité soit obligatoire et de 10 jours et on voudrait égaliser à 13 semaines le congé de maternité, de paternité ou de coparentalité. Objectivement c’est très important car les jeunes femmes entre 25 et 40 ans sont discriminées sur le marché du travail, parce qu’un employeur est toujours plus hésitant à engager, ou à donner une promotion à une femme qui pourrait être absente plusieurs mois. Il faut mettre les hommes sur un pied d’égalité pour réduire cette discrimination" défend François De Smet.

En commission des Affaires sociales à la Chambre, les discussions sont en cours pour modifier en profondeur ce congé de paternité. Une majorité pourrait se dégager à la Chambre pour en allonger la durée et certains partis voudraient même le rendre obligatoire. C’est le cas aussi du PS, d’Ecolo/Groen, du cdH, du CD & V et du Sp.a. Pourquoi ? Car certaines études démontrent que les pères rencontrent des difficultés à prendre ou à demander ces congés de paternité.

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