François Bellot "va venir avec un milliard" pour finaliser le RER

A quand un RER enfin finalisé ? Annoncé pour 2012, puis 2016, puis 2018, puis aujourd'hui 2027, le RER est une Arlésienne. Sur le plateau de Jeudi en Prime, le ministre de la Mobilité François Bellot annonce que son idée, qui datait de l'été dernier, d'investir un milliard d'investissements dans le rail a été avalisée par le gouvernement fédéral ce jeudi matin. 

Le libéral a d'abord tenu à recontextualiser la situation : "La Cour des Comptes a déterminé les raisons pour lesquelles ce RER n'a pas été terminé dans les délais qui étaient annoncés, des délais totalement irréalistes, et pourquoi l'enveloppe budgétaire a été largement entamée. Le manque de financement s'explique par le fait qu'on a chargé les barques. C'est la SNCB qui payait, alors autant faire faire des routes, des rond-points. Sur 670 millions de dépassements budgétaire, 270 sont le fait de permis de bâtir. Le coût des gares, également. Estimés à 100 millions, finalement, c'est 200 millions. Il y a eu des contingences techniques qu'Infrabel a dû appliquer. Et puis, il y a eu une sous-évaluation initiale du coût des travaux.

François Bellot a dû constater un fait assez particulier : "Il y a un comité de pilotage [du RER] qui avait été installé en 2003. Ce comité s'est réuni en tout sept fois, alors qu'il aurait dû se réunir 41 fois." Pourquoi si peu de réunions ? Le ministre veut aller de l'avant : "Aujourd'hui, ce qui m'intéresse, c'est de remettre le dossier sur les rails et d'assurer le financement et la ligne du temps". 

"Une dette vertueuse"

Dans un rapport récent, la Cour des comptes estime qu'il manque environ 800 millions pour terminer le RER. "Nos chiffres définitifs sont plutôt de l'ordre du milliard, 1,05 milliard", indique le ministre. François Bellot qui revient, à nouveau, dans le passé, pour évoquer l'été dernier. "Avant les vacances, j'avais soumis l'idée d'un investissement, une dette vertueuse. Le Bureau du Plan dit que si on fait un investissement de 100 dans des infrastructures comme la SNCB, dans les deux années qui suivent, il y a une recette automatique, indirecte, de 50 dans les caisses de l'Etat. De plus, vous diminuez la longueur des bouchons, vous diminuez donc la charge pour les entreprises, et donc, vous améliorez à la fin le quotidien des gens qui sont sur les routes, des gens qui sont excédés et à qui on offre l'opportunité de venir en train à Bruxelles. Deuxième chose : la Chambre de commerce belgo-américaine nous a fourni un rapport qui montre que 30% des grands investisseurs américains exclut la Belgique pour des raisons liées à la mobilité autour de Bruxelles. Ça montre bien que nous sommes obligés d'y aller !"

2023 et 2027

Et cette volonté s'exprime par un accord trouvé, ce jeudi matin, en comité ministériel restreint. Le gouvernement Michel s'est entendu pour mettre un milliard sur le table. "On va venir avec un milliard" pour finir le RER, explique le ministre. "Mon objectif, c'est de relancer les chantiers, de pouvoir réaliser des investissements prioritaires pour les régions."

François Bellot plaide pour une avancée des travaux par tronçons. "Et je vais exiger du comité de pilotage une ligne du temps, des choses concrètes." A quel horizon ? "J'ai donné une date, 2027. Je pense que la ligne 161 Bruxelles-Ottignies-LLN, ça pourrait être terminé pour 2023. Par contre, sur la ligne Bruxelles-Nivelles, vu que les permis d'urbanisme ont été cassés par le Conseil d'Etat, il faut recommencer la procédure, ça prendra plus de temps, a priori 2027. Moi, je ne veux pas mentir aux gens.

Service minimum

Autre gros dossier à boucler pour le ministre Bellot, le service minimum, une mesure qui fait partie de l'accord de gouvernement Michel. "Patrons et syndicats ont eu deux ans, dont un an de rabiot, pour convenir du service garanti. Au 31 décembre, il n'y avait pas d'accord. J'ai pris une initiative législative. J'ose espérer déposer le texte dans le courant de l'année pour une adoption en 2017."

Le libéral annonce la création de la notion d'infrastructure "critique", qui est une infrastructure dont "la continuité du service public devra être absolue". 

Le survol de Bruxelles

Sur le survol de la capitale, François Bellot se dit convaincu qu'une solution ne passera que par une "large concertation", même si c'est difficile. Le ministre l'assure, en tout cas, "la loi est écrite, mais il faut venir avec toute le reste. (...) Il y aura sans doute beaucoup de malentendus entre les gens. Ce n'est que comme ça qu'on y arrivera."

La prochaine date importante, dans ce dossier, est connue : le 22 février et la fin de la procédure en conflit d'intérêt concernant la fin de la tolérance des normes de bruit bruxelloises. 

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