Francken au Liban: les réfugiés syriens "bienvenus", "mais nous ne changerons pas nos règles"

Theo Francken a fait passer un message auprès des réfugiés syriens actuellement au Liban.
Theo Francken a fait passer un message auprès des réfugiés syriens actuellement au Liban. - © BRUNO FAHY - BELGA

Les réfugiés syriens au Liban qui sont éligibles pour être transférés en Belgique afin d'y construire une nouvelle vie, sont tout d'abord contrôlés. Ils reçoivent aussi des explications sur la manière dont la vie se déroule dans notre pays. Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), s'est rendu mercredi dans la capitale libanaise Beyrouth pour y observer comment le processus se déroule.

Les pays voisins de la Syrie, la Turquie, le Liban et la Jordanie sont débordés par l'arrivée de migrants. Afin d'alléger cette pression, plusieurs pays accueillent certains demandeurs d'asile qui y sont réfugiés, les plus fragiles comme les mères célibataires ou les personnes nécessitant des traitements médicaux.

La Belgique participe à ce programme de réinstallation. Cette année et l'année prochaine, un millier de Syriens seront donc emmenés vers notre pays.

Ils sont sélectionnés dans un premier temps, tout d'abord par l'agence des Nations unies pour les réfugiés, puis par les services belges. La décision finale de l'octroi d'un visa est prise par le Secrétaire d'Etat.

Dans un hôtel de Beyrouth, des collaborateurs du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides ont rencontré des dizaines de candidats à la relocalisation. Leur dossier, mis en avant par l'agence onusienne, a déjà été analysé en détail à Bruxelles, notamment par la police et les services de renseignement. Il s'agit de minimiser le risque que des personnes présentant un profil radicalisé ou des liens avec des extrémistes soient accueillies en Belgique. Les interviews au Liban doivent lever les derniers doutes.

Explications en général bien reçues

En addition à ce "screening", des informations sont aussi délivrées aux candidats. Dans un autre hôtel de la capitale, les collaborateurs de Fedasil ont expliqué le système belge relatif à la santé, la scolarité, le marché du travail et du logement.

Des thèmes sont abordés, comme l'interdiction du voile à l'école, les cours de natation mixtes. Certains demandeurs d'asile s'en sont étonnés et l'ont fait comprendre. "Nous comprenons les problèmes en Syrie et nous sommes solidaires. Vous êtes bienvenus, mais nous n'allons pas changer nos règles", a indiqué le Secrétaire d'Etat Francken. "L'égalité entre les hommes et les femmes est inscrite dans notre constitution, les règles de base de notre démocratie. Si vous éprouvez des difficultés à ce sujet, il vaut mieux que vous restiez ici", a-t-il déclaré.

La plupart des candidats n'ont pas semblé avoir de problèmes à cet égard. "Nous avions auparavant des interrogations sur le logement, l'enseignement et les soins de santé", explique Abdo, qui a fui avec sa famille depuis Homs en Syrie vers le Liban. Un retour vers leur pays d'origine est impossible car son fils nécessite une assistance médicale.

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