Franck Vandenbroucke : "Je ne peux pas garantir que les écoles et les universités vont rester ouvertes"

Les représentants des différentes régions et communautés du pays et du fédéral se sont réunis en comité de concertation avec les experts de la crise du coronavirus, ce mardi. Des nouvelles mesures ont été annoncées par le ministre de la santé Franck Vandenbroucke. Il était l’invité de Thomas Gadisseux dans Matin Première ce mercredi.

L’une des mesures principales prise par le comité de concertation était le nouveau changement de composition de la bulle des "contacts rapprochés" que chaque citoyen peut avoir. Les contacts "rapprochés" sont désormais limités à trois, quatre si la distanciation sociale est respectée. "Je comprends la fatigue des gens" s’exprime le nouveau ministre de la Santé. "C’est difficile parce qu’on leur demande encore un effort supplémentaire. Mais il faut des mesures, c’est vraiment une urgence."

Franck Vandenbroucke trouve également les mesures à l’encontre des bars et cafés douloureuses. "Je regrette vraiment que les cafés doivent fermer à 11 heures, c’est très tôt pour eux. L’ambiance que l’on recherche vient souvent après cette heure. Mais regardez la fermeture totale à Paris. Il faut éviter ça. Et pourtant je sais bien qu’il y a beaucoup de cafés qui font énormément d’efforts."

Pour le nouveau ministre, l’objectif principal est d’éviter une vague de licenciements. "Je sais que tout ça, c’est dur, c’est douloureux, c’est triste, mais c’est pour éviter vraiment le pire qui serait un lockdown. Il faut que les entreprises puissent tourner afin que les gens gardent leur emploi."

Fermeture possible des écoles

Ce mardi, l’Institut Saint-Charles à Dottignies a été la première école en Belgique à annoncer sa fermeture à cause du virus. Une situation qui risque de se reproduire dans le pays mais que le nouveau ministre souhaite éviter. "Je ne peux pas garantir que les écoles et les universités vont rester ouvertes. C’est notre volonté mais on est devant une crise qui peut exploser. La seule garantie, c’est la solidarité, ce sont nos comportements. Nous devons respecter la distanciation sociale. Si elle n’est pas possible, portons un masque. Je crois que les Belges ont encore cette capacité."

Le grand risque, c’est que nos systèmes de soins sont débordés, qu’on ne puisse plus organiser le testing, qu’on se retrouve dans le brouillard et qu’on perde le contrôle

Franck Vandenbroucke a également évoqué la circulation du virus. "Elle est trop importante pour le moment. On ne peut pas vivre avec un niveau de circulation tel que nous le connaissons maintenant. La raison est claire : au début, la circulation cesse si ce sont des personnes qui ne sont pas âgées qui sont touchées. Mais j’ai des études très étoffées, en France notamment, où l’on voit très bien l’évolution de semaine en semaine. D’abord, ce sont les jeunes, puis ça touche des personnes un peu moins jeunes. Et puis, les personnes âgées sont touchées. Le grand risque, c’est que nos systèmes de soins sont débordés, qu’on ne puisse plus organiser le testing, qu’on se retrouve dans le brouillard et qu’on perde le contrôle. Et ça, c’est ce qu’il faut éviter. Il faut assurer que nos docteurs aient la capacité de travailler dans des conditions décentes. La circulation est donc trop grande actuellement."

L’installation de l’application Coronalert est un autre combat du nouveau ministre des Affaires sociales et de la Santé. "L’installation de l’application est très facile, donc j’invite vraiment tous les gens qui ont un GSM à l’installer. Elle fournit des informations importantes."

Unir le monde politique

Si les Belges étaient habitués au fameux CNS, le conseil national de sécurité, c’est un comité de concertation qui s’est déroulé hier. Franck Vandenbroucke explique la différence entre ces deux commissions. "Il faut de la solidarité au niveau des politiques. Tout le monde politique va s’unir. C’est la différence entre le comité de concertation qu’on a réuni hier et le Conseil national de sécurité, le premier se déroule avec les régions et les communautés. On y prend donc réellement des décisions communes."

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