Fortis: assemblée chahutée, Davignon rejeté

Quelques 10 000 actionnaires étaient représentés ou présents ce mardi au Heysel. 3000 avaient fait le déplacement. Bien décidés à faire entendre leur voix, ils ont hué copieusement Etienne Davignon, qui tentait de prendre la parole pour justifier son nouveau mandat à la tête de Fortis Holding. Hués également les autres membres de la direction qui tentaient de justifier le démantèlement de Fortis. Les forces de sécurité ont dû intervenir pour évacuer les plus déterminés.

Finalement, la candidature d'Etienne Davignon a été rejetée. Il aura obtenu 49,91% de votes positifs. Il était pressenti à la Présidence du conseil d'administration. La procédure est telle qu'un vote négatif, aux Pays-Bas ou en Belgique, suffit pour recaler un candidat.

Au total, sur les cinq personnalités proposées, deux seulement (Ping An et Karel De Boeck, le futur administrateur-délégué) ont obtenu les suffrages d'un côté comme de l'autre. Un nombre insuffisant pour composer un conseil d'administration. Celui-ci est donc reconduit jusqu'en 2009, avec donc un nouvel administrateur délégué, Karel De Boeck. Une nouvelle assemblée générale sera convoquée, avec de nouveaux candidats. 

Pas de révélations

Malgré des heures de questions/réponses et d'échanges vifs entre les milliers d'actionnaires présents au Heysel et les administrateurs de Fortis, peu de nouveaux éléments ont été mis au lors de l'assemblée générale de Bruxelles présidée, avec un certain flegme, par le vice-président sortant de Fortis, Jan-Michiel Hessels.

Dans une réponse à un actionnaire, Karel De Boeck a toutefois esquissé les grandes lignes du futur de la holding, indiquant que des réductions de coûts ne pourront être évitées. Au niveau de l'emploi, il a précisé que les services centraux de Fortis Holding ne devraient plus compter qu'une trentaine de collaborateurs, contre 200 actuellement. La diminution du nombre d'emplois au niveau de l'administration centrale de Fortis Holding s'opérera cependant via le transfert de travailleurs vers Fortis Banque en Belgique et aux Pays-Bas. Le nom "Fortis" devrait en outre disparaître au niveau de la holding, a encore laissé entendre Karel De Boeck.

Concernant le portefeuille de crédits structurés d'une valeur initiale de 10 milliards d'euros, et dans lequel Fortis Holding détient 66% des parts, Karel De Boeck a fait savoir que des négociations devaient encore avoir lieu afin d'éviter que ce portefeuille ne se trouve dans une situation encore plus problématique. "Nous allons gérer activement ce portefeuille", a-t-il dit.

Enfin, s'agissant de l'activité d'assurances internationales restant au sein de Fortis Holding, notamment présentes en Grande-Bretagne, en Turquie, en Ukraine ou en Asie du sud-est, Karel De Boeck a déclaré qu'elles se portaient très bien. Les actifs gérés à ce niveau s'élèvent à 26,7 milliards d'euros.

Cessions d'actifs inévitables

Les responsables de Fortis ont réaffirmé ce qu'ils avaient déjà dit la veille à Utrecht: les cessions d'actifs étaient inévitables compte tenu de la situation critique que connaissait fin septembre et début octobre le bancassureur, situation aggravée par la reprise intempestive et trop onéreuse d'ABN Amro.

Au total, 10 572 actionnaires de Fortis étaient présents ou représentés mardi à Bruxelles, ce qui correspond à plus de 588 millions d'actions, soit 23,39% du capital social de Fortis.

Pour rappel, une nouvelle assemblée générale des actionnaires de Fortis aura lieu le 19 décembre prochain pour permettre aux actionnaires de se prononcer sur la poursuite éventuelle des activités de Fortis SA/NV.

 

Revivez l'assemblée générale commentée en direct et les explications de Jean Blavier.

Lisez les réactions de:

Etienne Davignon

Deminor et Me Modrikamen

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK