Formation: un premier début d'accord budgétaire

Elio Di Rupo et le Roi Albert II
Elio Di Rupo et le Roi Albert II - © ERIC LALMAND (belga)

Lundi, les six partis qui négocient la formation du prochain gouvernement se sont entendus sur un socle minimal de 5,2 milliards d'économies, sur les 11,3 milliards à trouver pour l'année prochaine. En début de soirée, Elio di Rupo s'est rendu chez le roi pour un rapport intermédiaire.

Par voie de communiqué, le Roi et le formateur ont insisté "sur la nécessité d'aboutir dans un délai rapide". Plus facile à dire qu'à faire.

La moitié du travail déjà faite ? C'est l'annonce un peu surprise du jour, mais bon il fallait bien montrer que les choses avancent enfin. Sauf que ce n'est pas encore tout à fait vrai.

Et que beaucoup reste à trouver et que ce seront là les milliards les plus difficiles à déloger. Lessix plus le formateur se sont penchés lundi sur les propositions des experts des groupes de travail, de quoi annoncer donc, au bout de quatre heures seulement, un accord minimal sur les propositions d'économies et de recettes susceptibles de faire rapidement consensus.

Que des pistes déjà évoquées : réduction de la norme de croissance des soins de santé, réorganisation des intérêts notionnels, lutte contre la fraude, taxe bancaire, rente nucléaire, économies dans les administrations.

En prenant les fourchettes les plus basses, le "minimum minimorum" sur lequel tous les partis sont d'accord, cela ferait déjà 5,2 milliards d'euros dégagés, peut-être plus au fil des discussions à venir.

Resteraient 6 milliards à trouver lors des bilatérales que le formateur entend mener dans les prochains jours et surtout lors du vrai conclave budgétaire prévu pour vendredi et le week-end.

Côté ambiance, pas vraiment encore l'apaisement entre PS et libéraux du Nord comme du Sud, venus inaugurer la réunion d'hier avec ce qu'ils avaient pensé des déclarations tonitruantes, voire des noms d'oiseaux, prononcés par certains socialistes alors que le formateur avait appelé les uns et les autres à plus de discrétion.

Tension aussi dans la soirée, lundi, après que l'Open VLD ait démenti, lui, tout accord sur des montants dégagés après ce 1er jour de discussions sur le fond, l'Open VLD parlant même de perte de temps précieux. Des libéraux qui attendent aussi que l'on évoque des mesures structurelles concernant également les budgets 2013 et 2014, et là le PS rechigne, font-ils savoir. Ambiance toujours. 

Un point délicat: l'indexation des salaires

Ce matin, on reparlera à coup sûr de l'indexation automatique des salaires dans la foulée des chiffres du Conseil central de l'économie...

Selon cette institution, les salaires des travailleurs en Belgique auraient augmenté plus vite que ceux des travailleurs allemands, français et néerlandais. Et pour bon nombre, la seule responsable, c'est l'indexation automatique des salaires. Mais qu'en pensent les négociateurs ?

Est-ce envisageable de toucher à l'indexation automatique des salaires ? Pour le patronat, c'est oui ; pour les syndicats, c'est non. Et au sein des négociateurs, on va de la prudence à un non ferme.

Alexander De Croo pour le VLD, un parti pourtant prêt à revoir le système, ne s'avance pas trop : "Si on voit que nos salaires augmentent plus vite que dans les pays autour de nous, il faut investiguer s'il y a des problèmes ; si on devient plus cher, on perd des jobs dans notre pays et je pense que le but, c'est de créer des jobs, pas de perdre des jobs."

La socialiste Laurette Onkelinx, sans surprise, reste sur sa ligne : "Défendre les travailleurs, c'est défendre l'indexation, sans indexation des salaires, c'est le pouvoir d'achat des travailleurs qui diminue et pour rencontrer le problème du handicap salarial, il faut simplement contrôler au mieux les prix de l'énergie".

Et au milieu du gué, le président du cdH, Benoît Lutgen : "La question du jour, c'est d'avoir un budget 2012 le plus vite possible. On a perdu beaucoup de temps et je le regrette personnellement parce qu'on prend le risque, on fait prendre le risque à l'ensemble des concitoyens et à l'Etat belge en général. Par rapport à l'index, il faudra de toute façon associer l'ensemble des partenaires sociaux à la réflexion et ce n'est pas au coin d'une table qu'on va réformer l'index aujourd'hui."

Voilà un sujet chaud, souvent évoqué depuis des années qui risque de revenir au coeur des discussions, sans plus. En tout cas dans la note d'Elio Di Rupo, en juillet dernier, on ne touchait pas à l'indexation automatique des salaires.

Fabien Van Eeckhaut et Marc Sirlereau

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