Réforme de la formation des enseignants: l'opposition réclame une série d'auditions et veut voir clair sur le coût

Formation initiale des enseignants: l'opposition réclame une série d'auditions et veut voir clair sur le coût
Formation initiale des enseignants: l'opposition réclame une série d'auditions et veut voir clair sur le coût - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La commission Enseignement supérieur du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a entamé mardi la discussion du très attendu projet de décret réformant la formation initiale des enseignants.

Annoncé depuis dix ans, âprement négocié entre partenaires PS et cdH au cours de cette législature, et soumis à une large concertation ces derniers mois, le texte entend revoir et allonger dès septembre 2020 la formation de base des instituteurs et régents afin d'améliorer les performances de l'école francophone.

Une série d'auditions

Approuvé la semaine dernière en 3e et dernière lecture par le gouvernement, le projet de décret était déjà inscrit à l'agenda de la commission du Parlement ce mardi.

L'ensemble de l'opposition MR, Ecolo et DéFi a immédiatement demandé à pouvoir procéder à une série d'auditions avant de discuter en profondeur ce texte fort de près de 160 pages.

Deux douzaines de noms d'intervenants divers ont été suggérés, mais aucun consensus n'a pu être dégagé sur une liste de noms plus resserrée.

En guise de compromis, il a finalement été décidé de procéder le 13 novembre prochain à une première audition, celle d'un membre de l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (ARES).

Sur base des éléments de réponse (ou de non-réponse) qui viendront, les députés pourraient alors décider de lancer de nouvelles invitations.

Mardi, à l'occasion d'un premier tour de discussion générale, la principale critique de l'opposition a porté sur le coût de cette réforme, et des doutes sur la soutenabilité de son financement à long terme.

En effet, les enseignants formés à l'avenir en quatre ans, plutôt qu'en trois aujourd'hui, seront mieux rémunérés.

Surcoût de 340 millions d'euros

Même si ces nouveaux barèmes doivent encore être négociés avec les syndicats, il est clair que cela entraînera une hausse des dépenses pour la Fédération Wallonie-Bruxelles dont les moyens financiers ne sont aujourd'hui déjà pas bien gras, et qui ne dispose d'aucun pouvoir fiscal lui permettant d'augmenter ces recettes.

Devant les députés mardi, le ministre Marcourt a néanmoins avancé un surcoût de 340 millions d'euros à l'horizon 2060, tout en reconnaissant qu'il ne s'agissait là que d'une estimation si le nouveau barème devait figurer au croisement parfait du barème 301 (appliqué aujourd'hui aux profs formés en 3 ans) et du 501 (dont bénéficie ceux formés en 5 ans pour le secondaire supérieur).

Le MR, Ecolo et DéFI ne se sont pas privés mardi de pointer cette grande incertitude.

Pourtant dans la majorité, le député cdH Benoît Drèze a lui-même relevé ce flou financier.

"Il est impossible de calculer l'impact budgétaire de manière précise", a-t-il constaté. "Quel barème sera appliqué pour les nouveaux diplômés? Cela reste une inconnue...".

Pour tenter d'y voir un peu plus clair, les députés ont également demandé mardi à pouvoir obtenir du ministre les deux avis émis par l'Inspection des finances sur son projet de décret.

Les débats en commission sur le texte reprendront ce mercredi matin.

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