Formation fédérale : vers une coalition "Vivaldi" ? Sabine Laruelle et Patrick Dewael au rapport chez le Roi

Les chargés de mission royale, Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open Vld), sont attendus ce lundi au Palais à 16h pour faire rapport au Roi. Après l’échec d’un rapprochement du PS et de la N-VA, l’heure pourrait être décisive pour la "Vivaldi", cette formule qui exclurait la N-VA et réunirait les socialistes, les libéraux, les écologistes et le CD & V. Le bureau des chrétiens-démocrates sera suivi avec un intérêt particulier : jusqu’à présent, ils refusent toute formule qui n’impliquerait pas les nationalistes flamands.

Mais la crise du coronavirus pourrait-elle faire avancer les négociations ?

Place à un reboot ?

Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open Vld) restent très discrets, mais ils ont eu l’espoir en cette fin de semaine de pouvoir avancer sur une solution : celle du reboot. Comme la reprogrammation d’un ordinateur en panne. L’idée ? Repartir du gouvernement en Affaires courantes en ajoutant d’autres partis avec la famille PS Sp.a, la famille verte, Ecolo et Groen. Un gouvernement Wilmès 2.0 en quelque sorte. En d’autres termes, le retour de l’option "Vivaldi".

Pas si vite… Le CD & V et notamment Koen Geens, lui même anciennement chargé de mission auprès du roi, demande une réforme de l’Etat. Un bureau de parti est prévu ce lundi matin.


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Quoi qu’il en soit, le coronavirus et le budget constituent deux dossiers brûlants qui intensifient encore l’urgence de créer un gouvernement.

Avec ou sans la N-VA ?

Le CD & V a dit et répété qu’il ne voulait pas d’une coalition qui n’ait pas une majorité de part et d’autre de la frontière linguistique, c’est-à-dire avec la N-VA. Il a lancé ce week-end une consultation en ligne de ses membres pour savoir, entre autres choses, s’ils soutenaient cette position. La N-VA est le premier parti de Flandre et a formé au Parlement flamand une coalition avec le CD & V et l’Open Vld. Pour les chrétiens-démocrates, inclure les nationalistes dans une coalition fédérale est à la fois gage de stabilité et d’efficacité.

Leur président, Joachim Coens, a d’ailleurs déjà proposé une formule de coalition fédérale "miroir", qui serait le reflet de la majorité en Flandre et en Wallonie, où PS, MR et Ecolo se sont alliés.


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Dimanche, interrogé sur VTM, le président de la N-VA, Bart De Wever a tenu un plaidoyer similaire. Il estime qu’il incombe aux deux grandes entités fédérées, la Flandre et la Wallonie, de prendre les rênes de la formation d’un gouvernement fédéral. Comme ils l’avaient déjà fait pour l’idée de Coens, le PS et Ecolo ont d’ores et déjà dit non à une telle formule qui en reviendrait à nier Bruxelles, impliquerait à nouveau la N-VA (dont ni le PS, ni Ecolo ne veulent) et diviserait la famille écologiste.

PS et N-VA irréconciliable, toujours dans l’impasse

Les chargés de mission royale Dewael et Laruelle ont été chargés par le Roi "de prendre les contacts nécessaires à la mise en place d’un gouvernement de plein exercice". La mission de leur prédécesseur, le vice-Premier ministre CD & V Koen Geens, s’est soldée par l’échec de rassembler le PS et la N-VA en vue de former un exécutif fédéral. Il leur restait donc à explorer la piste "Vivaldi", présentée parfois comme un gouvernement d’urgence constitué autour de la coalition sortante, soit le MR, le CD & V et l’Open Vld.

Une mission pour Bart de Wever ?

En cas d’échec, l’horizon risque de se boucher complètement. Bart De Wever n’a pas encore été envoyé dans l’arène mais il a exclu dimanche une mission qui ne serait pas menée en duo avec le président du PS, Paul Magnette. Or, Magnette a toujours rejeté ce scénario.
 

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