Formation fédérale: une semaine pour aboutir ou constater l'échec

Les informateurs doivent rendre leur rapport au plus tard le 13 janvier
Les informateurs doivent rendre leur rapport au plus tard le 13 janvier - © DIRK WAEM - BELGA

L’expression est régulièrement employée, mais une nouvelle fois il faut bien le concéder, cette semaine "s’annonce cruciale" pour les informateurs royaux, le CD&V Joachim Coens et le MR Georges-Louis Bouchez.

Le 13 janvier au plus tard, lundi prochain donc, ils sont attendus chez le Roi pour un rapport sur la situation politique et les discussions en cours avec les partis susceptibles d’embarquer dans une majorité fédérale. Les deux hommes ont été désignés le 10 décembre, soit il y a près d’un mois, le temps semble donc venu d’atterrir.

Un dernier tour des partis, avec N-VA et PS au programme ce lundi

Les deux informateurs auraient finalisé une note de travail, plutôt de centre droit semble-t-il, reprenant les thèmes communs et points de rapprochement des 10 partis avec lesquels ils ont discuté. Ce début de semaine, les deux hommes vont donc rencontrer l’un après l’autre ces dix partis pour leur soumettre le fruit de leur travail et leur demander de se positionner. Au programme aujourd’hui, les deux plus grands partis du pays, la N-VA et le PS seront reçus à tour de rôle, en toute discrétion.

A chaque parti à présent de se positionner clairement sur ce texte et sur sa volonté au non de former un gouvernement. Les choses devraient donc se clarifier dans quelques jours. Avec ces réponses, les informateurs pourront se rendre chez le Roi qui décidera de la suite des opérations.

Avec ou sans la N-VA ?

C’est aussi une question presque rituelle mais qui, une nouvelle fois, se pose : est-ce que l’avenir gouvernemental sera avec ou sans la N-VA ? Interrogé ce week-end par la VRT, le président de la N-VA, Bart De Wever ne laissait pas vraiment entrevoir de grandes avancées, pointant le rôle du PS : "Le PS ne bouge pas. On peut parler avec eux mais c’est comme parler dans le vide. On va voir si ça évolue les prochaines semaines. Ça peut évoluer si le PS comprend qu’il n’a pas d’autre choix que de tenir d’avantage compte du nord du pays."

Quant à l’éventualité d’un retour aux urnes, Bart De Wever ne l’exclut pas : "Nous verrons dans les prochains mois. Personne ne peut exclure l’éventualité de nouvelles élections. Personne ne le souhaite mais rue de la Loi, il se produit souvent ce que personne ne veut. Mais personnellement, je n'y suis pas favorable."

Coalition ou élections

Quoi qu’il en soit, on le sait, il peut aussi y avoir une majorité fédérale sans la N-VA. Fin décembre, les informateurs avaient eux-mêmes expliqué qu’il existe d’autres formules à l’arc-en-ciel (libéraux, verts et socialistes) ou à la bourguignonne (socialistes, libéraux, N-VA).

Ils évoquaient alors la possibilité d’un gouvernement plus au centre, baptisé un temps coalition Vivaldi et rassemblant les libéraux, les verts, les socialistes du nord et du sud du pays, auxquels s’ajouterait le CD&V. Il faut pour cela convaincre l’Open VLD et surtout le CD&V de monter dans un gouvernement sans la N-VA, ce qui jusqu’ici n’était pas du tout acquis.

Alors les informateurs ont-ils fait évoluer les positions des uns et des autres ? Impossible à dire pour l’instant. Mais si cela ne marche pas, la perspective d’un nouveau scrutin semble devenir la seule issue possible. On l’oublierait presque, mais la Belgique n’a plus de gouvernement de plein exercice depuis le 21 décembre 2018 et les Belges ont voté pour le fédéral il y a déjà 7 mois.

Journal télévisé du 06/01/2020

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