Formation du gouvernement fédéral: la coalition "suédoise" se précise

L'informateur sera à nouveau chez le roi ce mardi à 17h. Sans doute pour que soit mis fin à sa mission d'informateur et que soit désigné un formateur.
L'informateur sera à nouveau chez le roi ce mardi à 17h. Sans doute pour que soit mis fin à sa mission d'informateur et que soit désigné un formateur. - © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

L'hypothèse d'une coalition "suédoise" se renforce après la désignation de Charles Michel et de Kris Peeters comme formateurs et l'approbation du Conseil du MR, à l'unanimité, de la proposition d'entrer en négociation avec la N-VA, le CD&V et l'Open Vld. Le MR a lancé un signe en déclarant, par la voix de Didier Reynders vouloir "un programme socio-économique porté par une majorité cohérente." Au même moment, du côté flamand, était annoncée une déclaration de politique générale du nouveau gouvernement flamand ce vendredi. Elle associera la N-VA, le CD&V et l’Open Vld. Les trois partis se sont également engagés à négocier la formation d'un gouvernement au niveau fédéral avec le MR.

Lors de son arrivée au conseil de son parti, le vice-Premier ministre démissionnaire Didier Reynders a précisé: "Nous allons voir quelles sont les formations politiques qui sont prêtes à travailler ensemble à un projet socio-économique. Ce que nous voulons, c'est une majorité crédible et cohérente sur le plan socio-économiques. Nous voulons éviter toute formule qui ramènerait le débat communautaire sur la table. D'autres ont fait un autre choix, je le regrette".

Le MR a réuni son conseil à 13h00. Les ministres et députés du parti ont écouté le rapport du président, Charles Michel. L'hypothèse d'une majorité "suédoise", associant le MR, l'Open Vld, le CD&V et la N-VA au fédéral se confirme même si les uns et les autres n'avaient pas voulu anticiper la suite des événements en rappelant qu'il incombait d'abord à Charles Michel, désigné informateur, de faire rapport au Roi.

A sa demande, il est désormais déchargé de sa mission, et c'est probablement Kris Peeters qui sera en charge de la formation d'un gouvernement.

Toujours au sujet de la majorité "suédoise", le chef de groupe wallon, Willy Borsus, a souligné que "c'était une hypothèse depuis longtemps. Nous n'avons jamais refusé de prendre nos responsabilités". "L'intérêt de tous les Belges, c'est de prendre ses responsabilités et de faire en sorte que le pays soit géré. Pas besoin de 500 jours. On est là pour travailler, pas pour rêver", a dit pour sa part le député Jean-Luc Crucke.

Le gouvernement flamand se dessine

En ce mardi fertile en événements, la N-VA, le CD&V et l'Open Vld ont, de leur côté officialisé leur accord de gouvernement pour la Région flamande. La déclaration gouvernementale devant le parlement flamand aura lieu au lendemain des congrès des trois partis, prévus jeudi, selon le calendrier actuel.

Lundi prochain se déroulera le débat sur la déclaration de politique générale dans l'hémicycle, au sein duquel la nouvelle coalition disposera d'une confortable majorité, avec 88 sièges sur 124.

Les trois présidents de partis, Bart De Wever (N-VA), Wouter Beke (CD&V) et Gwendolyn Rutten (Open Vld), flanqués du ministre-président flamand sortant, Kris Peeters (CD&V), et du vice-ministre-président flamand sortant Geert Bourgeois (N-VA), ont annoncé la conclusion de l'accord dont les détails seront précisés lors d'une conférence de presse mercredi.

Le CD&V devrait hériter des compétences de l'enseignement et du bien-être, ont confié des sources concordantes à l'agence Belga. Gwendolyn Rutten avait par ailleurs indiqué que les trois partenaires flamands négocieront avec le MR pour la formation d'un gouvernement fédéral.

L'adieu à une tripartite classique

Les voies qui s'offraient à Charles Michel, en tant qu'informateur et désormais formateur avec Kris Peeters, sont très étroites depuis le "non" opposé par le cdH à une coalition de centre-droit associant la N-VA.

L'idée d'une tripartite classique ne suscite pas énormément d'enthousiasme au CD&V. Les démocrates-chrétiens s'embarquent en Flandre avec les nationalistes flamands et ne sont pas enclins, pour le moment du moins, à maintenir une nouvelle fois dans l'opposition les nationalistes flamands. Ceux-ci leur ont mené la vie dure au fédéral et trouveraient un argument de choix à marteler: le CD&V a ramené les socialistes au pouvoir.

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Qualifiée d'abord d'hérétique, l'idée d'une coalition suédoise (appelée aussi "kamikaze") semble faire son chemin même si elle fait face à deux écueils de taille: le MR serait le seul parti francophone de la majorité face à la N-VA, au CD&V et à l'Open Vld et ce dernier a conditionné sa participation à une majorité fédérale à une entrée dans la majorité flamande dont il était exclu il y a quelques jours encore. L'idée de faire entrer un troisième partenaire n'enchantait pas le CD&V qui a déjà perdu sa position dominante au profit de la N-VA. La semaine passée, les relations entre la N-VA et le CD&V s'étaient brusquement tendues.

Dès avant lundi (vers minuit) la N-VA et le CD&V s'étaient accordés sur l'ouverture à l'Open Vld des négociations pour la formation du gouvernement flamand, ce qui devrait faciliter au fédéral la formation de cette coalition N-VA/CD&V/Open Vld/MR.

L'informateur royal et président du MR Charles Michel pouvait dès lors demander la fin de sa mission au roi Philippe - ce qu'il a fait lors de son entrevue programmée ce mardi à 17H.

C'est comme prévu le ministre-président flamand sortant Kris Peeters (CD&V) qui s'est vu attribuer la mission de formation, mais il ne sera pas seul: Charles Michel assumera ce rôle avec lui.

Concernant la formation du gouvernement flamand, on ignore si une telle ouverture de la N-VA et du CD&V à l'Open Vld signifierait une renégociation totale ou partielle de ce que les nationalistes et les chrétiens-démocrates flamands ont déjà négocié ces dernières semaines.

RTBF avec Belga

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