Jan Jambon propose deux ministres pour une série de portefeuilles, "pas nécessaire" pour Sophie Wilmès

Jan Jambon propose deux ministres pour une série de portefeuilles, "pas nécessaire" pour Sophie Wilmès
Jan Jambon propose deux ministres pour une série de portefeuilles, "pas nécessaire" pour Sophie Wilmès - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) a lancé une proposition surprenante samedi dans le cadre des négociations pour la formation d’un gouvernement fédéral. Il suggère ainsi, dans Het Nieuwsblad, de répartir une série de portefeuilles ministériels entre un ministre néerlandophone et un ministre francophone.

"Le ministre flamand de l’Emploi (au sein du gouvernement fédéral, NDLR) travaillerait alors en étroite collaboration avec son collègue de l’Emploi au sein du gouvernement flamand", explique Jan Jambon dans une interview accordée au journal flamand à l’occasion de la fête de la Communauté flamande. "Ensemble, ils seraient alors responsables d’une politique sur mesure pour la Flandre."

Le ministre-président lance également une proposition similaire pour d’autres domaines, mais ne souhaite pas les citer concrètement. Les plus logiques semblent être la Santé publique et l’Economie, qui sont également des compétences partagées avec les entités fédérées.

Interrogé par la RTBF sur son projet et l’impact de sa proposition sur le nombre plus élevé de ministres que cela engendrerait, Jan Jambon a répondu : "Non, parce que par la constitution, il est défini que le fédéral n’a que quatorze ou quinze ministres, mais ça, c’est une répartition des compétences".

Une mesure transitoire

Par ailleurs, le nationaliste flamand considère ces ministres supplémentaires comme une mesure transitoire. "En attendant, nous pouvons travailler à la poursuite de la répartition des compétences", poursuit-il. Le but ultime de Jan Jambon reste le confédéralisme.

L’homme fort de la N-VA tend par ailleurs la main aux socialistes francophones. "Le PS doit encore une fois réfléchir s’il ne souhaite pas conclure avec nous un grand accord. Si nos souhaits respectifs divergent à ce point au plan socio-économique, prenons-en acte. Scindons les compétences pour que la Wallonie puisse enfin mener la politique de gauche que ses électeurs souhaitent et pour que nous, en Flandre, puissions faire ce que demandent nos électeurs", lance-t-il dans une interview à De Tijd.

Un mécanisme financier de transition pour soutenir la Wallonie

Jan Jambon répète que son parti est prêt à négocier un mécanisme financier de transition "de dix ans ou plus". "Je ne dis pas cela seulement par amour pour la Wallonie, mais également par rapport à notre propre intérêt. Si nous coupons les transferts du jour au lendemain, la paupérisation en Wallonie serait gigantesque. Ce n’est pas digne humainement. Et nous serions également préjudiciés, dans la mesure où la Wallonie demeure notre plus important partenaire commercial."

Enfin, le ministre-président flamand n’exclut pas de nouvelles élections, dont il assure que la N-VA n’a pas peur. "La situation sera sans doute encore plus compliquée après de nouvelles élections, mais voilà, s’il faut passer par là…"

Réaction de Sophie Wilmès : "je pense que ce n’est pas nécessaire"

La proposition du ministre président flamand a suscité des réactions, notamment celle de la Première ministre, qui a assisté aux festivités organisées dans le cadre de la fête de la communauté flamande ce samedi, sur la Grand-place de Bruxelles.

"Quand vous représentez la Belgique au niveau fédéral comme ministre, vous le faites pour tous les Belges, peu importe de quel côté de la frontière linguistique vous vous trouvez originellement. Donc je pense que ce n’est pas nécessaire.", a commenté Sophie Wilmès au micro de la RTBF.

Séquence JT 13h de ce 11/07/2020

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