Formation fédérale: "Dans une démocratie, on ne doit pas avoir peur des élections", rappelle Robert Vertenueil (FGTB)

Ce mardi, le duo d’informateurs composé du CD&V Joachim Coens et du MR Georges-Louis Bouchez devrait remettre leur rapport final au Roi, alors que l’impasse semble totale dans la formation d’un gouvernement fédéral. Depuis les élections de mai 2019, la situation reste plus que jamais bouchée, PS et N-VA campant sur leurs positions, particulièrement du côté socio-économique.

Certaines demandes du parti nationaliste flamand sont "imbuvables" pour le PS, telles que baisse de pension, limitation des allocations de chômage à deux ans, économie dans les soins de santé.

En parallèle à cette situation politique, la FGTB a appelé à manifester dans les rues de Bruxelles ce 28 janvier, pour défendre une "sécurité sociale renforcée et justement financée." Robert Vertenueil, président de la FGTB, invité sur le plateau de Matin Première, s’est exprimé à propos de la situation politique actuelle.


►►► Pourquoi la FGTB appelle-t-elle à manifester à Bruxelles ce mardi ?


"Ou bien on sera du côté de ceux qui défendront la sécurité, où on sera de l’autre côté. Et dans les choix qui vont s’opérer dans la formation d’un nouveau gouvernement [fédéral] on voit bien que c’est un élément essentiel, central […] des politiques de demain".

On a découvert qu’on avait un copain qui vivait avec 600 euros par mois

A ses côtés, le porte-parole du "Gang des vieux en colère", Michel Huysman, qui réagit aux chiffres d’Eneo, le mouvement social des aînés, selon lesquels une personne de plus de 65 ans sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté en Belgique. "On a découvert qu’on avait un copain qui vivait avec 600 euros par mois, et que les principales personnes touchées par cette pauvreté, ce sont les femmes. Les syndicats se sont adressés aux travailleurs, mais c’est tout le monde qui doit descendre dans la rue, car les travailleurs seuls, c’est trop peu. Il faut vraiment qu’on se rassemble."

Et au président de la FGTB de démonter la réforme des pensions du ministre des Pensions du gouvernement Michel, Daniel Bacquelaine, qui n’est "qu’une série de mesurettes uniquement à but budgétaire. [Le ministre] n’avait aucune vue globale des choses". Pour Robert Vertenueil, il faut remonter l’âge des pensions à 65 ans.

Pourtant, la réalité des chiffres est là, et pas seulement en Belgique, une réforme des retraites est nécessaire afin de pouvoir financer les pensions à plus long-terme. Le gang des vieux en colère plaide pour une pension minimale à 1600 euros, afin que chacun puisse vivre décemment, mais quelles mesures pour les financer ? Les deux hommes pointent l’évasion et la fraude fiscale de certaines sociétés, ainsi que des mesures comme le tax-shift, dont le financement pourrait plutôt être tourné vers les pensions.

La crainte d’un retour aux urnes

Vu l’impasse qui dure dans la formation d’un gouvernement fédéral, doit-on envisager de nouvelles élections ou est-ce une mauvaise idée ? "Je n’aime pas trop le discours qu’il ne faut pas retourner aux urnes car le résultat serait inquiétant. Dans une démocratie, on ne doit pas avoir peur des élections, plaide Robert Vertenueil. Dans certains pays, comme l’Espagne, il est inscrit qu’au bout d’un certain moment sans gouvernement formé, on retourne d’office aux élections. Et dans notre cas, quand le temps dure trop longtemps, cela veut dire que les partis politiques ne parviennent pas à trouver un accord, ça peut avoir un certain sens de retourner aux élections. Je ne dis pas qu’il faut y aller, mais qu’il ne faut pas renoncer à ce mécanisme hautement démocratique."

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