Formation fédérale: "Bart De Wever se met du côté des problèmes, pas des solutions", estime Jean-Marc Nollet (Ecolo)

10 décembre, revoilà Ecolo. Alors que l’informateur Paul Magnette vient de mettre fin à sa mission et qu’aucun accord n’est trouvé, les Verts veulent pourtant toujours y croire. "Paul Magnette a fait plus en 4 semaines que ses prédécesseurs en 6 mois", affirme Jean-Marc Nollet ce mardi dans Matin Première. Le co-président d’Ecolo l’admet : les partis ne sont pas "au bout du travail" et "c’est lent, mais on avance".

Et si les partis avancent, c’est plutôt du côté de l’arc-en-ciel que de la coalition "paars-geel" (violet-jaune, avec socialistes, libéraux et N-VA), selon Ecolo. "Quand on est ensemble, on se rend compte assez facilement qu’il y a ceux qui veulent donner un avenir au pays, et il y a ceux qui veulent déchirer le pays", dénonce Jean-Marc Nollet. Comprenez : la N-VA et le Vlaams Belang. Du coup, "tous les autres se retrouvent de l’autre côté", affirme l’écologiste.


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Pour le co-président d’Ecolo, la N-VA, malgré son statut de premier parti de Flandre, ne doit pas mener les négociations. Surtout après les propos du président du parti, Bart De Wever, lundi. "Paul Magnette a le goût de sa bouillie arc-en-ciel, il faudra beaucoup de dentifrice flamand", avait déclaré le bourgmestre d’Anvers, remettant en question les négociations récentes. Pour Jean-Marc Nollet, ces propos sont "d’une violence extrême", et montrent "son absence de volonté de se mouiller concrètement". "Bart De Wever se met du côté des problèmes et pas des solutions", accuse l’écologiste.

Bart De Wever a claqué la porte et jeté la clé dans la Mer du Nord !

Jean-Marc Nollet n’y va pas par quatre chemins : selon lui, si Bart De Wever est nommé informateur, ce sera le chaos. "Son seul objectif est de gagner du temps et de se profiler en campagne électorale", estime le co-président d’Ecolo. Il accuse également le chef des nationalistes de vouloir attaquer l’Open Vld (Bart De Wever les accuse de vouloir "vendre leur âme au diable" en travaillant avec le PS), pour récupérer leur électorat.


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Le problème, c’est qu’au nord du pays, on reste beaucoup plus mesuré : l’Open Vld et le CD&V sont loin d’avoir rompu avec les nationalistes. "Bart De Wever a claqué la porte, il l’a fermée à double tour, il a jeté la clé dans la Mer du Nord, et le CD & V voudrait aller la chercher !", s’exclame Jean-Marc Nollet. Sans doute parce que malgré tout, le poids électoral des nationalistes (1 million de voix) est encore un argument important. Il va falloir un peu de temps avant que les partis flamands se "déscotchent" de la N-VA, selon le co-président d’Ecolo.

On ne va pas détricoter toutes les mesures du gouvernement Michel

Jean-Marc Nollet ne perd pas espoir pour autant : selon lui, les libéraux flamands et francophones ont avancé et ne considèrent plus la N-VA comme incontournable. D’autant que les négociations avancent sur beaucoup de sujets, notamment l’urgence climatique. "Je n’ai plus entendu d’opposition sur l’objectif de 55% de réduction des gaz à effet de serre, note l’écologiste. Même sur le cadre budgétaire, les premières lignes sont là", ajoute-t-il. Le MR serait notamment prêt à lâcher du lest sur certains investissements, comme le relèvement des petites pensions.

De son côté, Ecolo est-il prêt à faire des concessions concernant les mesures prises par le précédent gouvernement ? "On ne va pas tout détricoter, assure Jean-Marc Nollet. Un compromis est nécessaire." Notamment sur l’âge de la pension fixé à 67 ans, sur lequel même la FGTB semble s’être résignée.

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