Formation et pensions: le patron de l'armée tire la sonnette d'alarme

Formation et pensions: le patron de l'armée tire la sonnette d'alarme
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Le général Marc Compernol a tiré mercredi la sonnette d'alarme à propos de la formation des militaires et des risques que fait peser la réforme des pensions sur l'avenir de la vision stratégique adoptée par le gouvernement.

"D'un point de vue budgétaire, je ne suis plus disposé à aucune concession que ce soit pour la formation", a averti le Chief of Defence (CHOD) devant la Commission de la Défense nationale de la Chambre.

Le budget de la Défense pour la formation et les opérations est sous pression et la situation risque de ne pas s'améliorer dans les années qui viennent. Des difficultés sérieuses pourraient se poser, à entendre le patron de l'armée. "Comme je ne veux plus faire de compromis sur l'instruction, cela aura un impact sur les opérations. On court le risque qu'un jour, je doive me présenter devant le ministre de la Défense en lui disant: désolé mais on ne peut participer à telle opération".

La tension budgétaire s'ajoute à un autre problème à propos duquel le général a déjà attiré l'attention: le déploiement de militaires dans la rue pour faire face à la menace terroriste hypothèque leur disponibilité pour l'entraînement et certains chefs de peloton ou de compagnie n'auront pu se former en situation réelle.

"L'expérience opérationnelle d'une jeune génération pourrait se résumer à de la surveillance de rue", a-t-il fait remarquer.

Qui va payer?

Le gouvernement a décidé par ailleurs au mois d'octobre de relever l'âge de la pension des militaires qui pourrait passer de 56 ans à 63 ans d'ici 2030.

"Qui va payer?", a demandé M. Compernol.

La Défense devra payer plus de salaires. Le coût s'élèverait à 3,1 milliards d'euros d'ici 2030 et entraînerait une augmentation du budget de personnel de 20%. "Si cela vient du budget de la Défense, alors l'argent ne sera plus disponible pour les investissements et la vision stratégique s'écroule", a souligné le général qui met également en avant un autre risque.

La vision stratégique prévoit le rajeunissement des effectifs. "Il ne faut pas avoir remporté un prix Nobel pour comprendre qu'il y aura un impact considérable sur l'âge des militaires et donc sur la capacité opérationnelle", a-t-il dit.

A l'avenir, la carrière militaire sera conçue davantage comme une étape dans une carrière mixte. Passé un certain âge, les militaires pourraient par exemple être transférés dans le nouveau corps de sécurité qui sera créé dans la police.

"C'est une très bonne opération. Cela nous permet de dégager une partie de nos gars et d'en faire entrer d'autres. Ce qui me tracasse, c'est l'avenir proche. Je ne voudrais pas qu'on dise: on change les uniformes de deux unités de la Force terrestre et voilà votre corps de sécurité", a expliqué M. Compernol.

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