Formation du gouvernement: cdH et Défi vont lier leur sort dans les négociations politiques

Ce n’est pas un cartel, mais une alliance politique entre deux partis francophones dans le cadre des négociations pour la formation d’un gouvernement fédéral. Est-ce un ballon d’essai supplémentaire dans cette saga politique ? L’objectif de la démarche est d’offrir une majorité présentée comme " confortable ", même si elle serait très minoritaire dans le camp flamand. Le cdH et Défi proposent aux chargés de mission royale, Sabine Laruelle et Patrick Dewael, d’explorer la piste d’un gouvernement "arc-en-ciel" de plein exercice, sans la N-VA et le CD&V, mais avec l’appui de leurs deux partis politiques.

Chacun s’engage, dans l’hypothèse où l’un d’entre eux rejoindrait le gouvernement, à ce que l’autre s’abstienne lors du vote de confiance du gouvernement. Ce qui de facto, en politique, renforcerait (un peu) la majorité. Concrètement, cette coalition comprendrait les familles socialistes, écologistes et libérales. A cet " arc-en-ciel ", on y ajouterait soit le CDH (5 sièges), ce qui donnerait une majorité de 80 sièges sur 150, soit Défi (2 sièges), ce qui ferait 77 sièges. Les deux présidents, François De Smet et Maxime Prévôt s’engagent à soutenir tous les deux la mise en place de ces deux alternatives.

Largement minoritaire côté flamand

Ces deux scénarios ont déjà été évoqués durant les 9 mois de tergiversations politiques, sans pour autant avoir été pris au sérieux. Ces options impliquent en effet que les 3 plus grands partis flamands, le Cd&V, la N-VA et le Vlaams Belang se retrouveraient sur les bancs de l’opposition. Seuls l’Open VLD, le sp.a et Groen participeraient à ce gouvernement très minoritaire côté flamand.

Voilà pourquoi ces pistes n’ont jamais été réellement explorées. Les deux missionnaires Dewael et Laruelle doivent remettre un nouveau rapport au Roi ce lundi. Défi et le cdH mettent la pression en demandant que leurs propositions soient examinées "dès que possible".

Vers le début d’un cartel ?

Le cdH cherche un nouveau souffle politique à Bruxelles, Défi tente toujours de s’ancrer en Wallonie. Est-ce le début d’un rapprochement entre ces deux formations centristes francophones ? Les deux présidents bottent en touche : " Nos partis sont différents, ont des histoires différentes, et sont des concurrents politiques " Mais l’impasse politique et le contexte les poussent à unir leur sort. "Nous ne pouvons plus attendre".

Selon les deux formations politiques, tout indique que la détermination du PS à ne pas gouverner avec la N-VA est égale à la détermination du CD&V de gouverner avec elle, et qu’aucun des acteurs en présence ne cédera.

Sujet du 09/03/2020 - Coalition fédérale / Tandem Laruelle-Dewael prolongé

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