Formation d'un gouvernement fédéral : mais pourquoi parle-t-on de coalition "Arizona" ?

Formation d’un gouvernement fédéral : mais pourquoi parle-t-on de coalition "Arizona" ?
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Formation d’un gouvernement fédéral : mais pourquoi parle-t-on de coalition "Arizona" ? - © Getty Images - James O'Neil - Solidago - Ling Zhong / 500px - Getty Images/500px Prime - Belga

"La réunion des six partis susceptibles de former une coalition 'Arizona' n’aura finalement pas lieu ce lundi après-midi comme le souhaitaient les présidents des trois partis du gouvernement." Le début de cette dépêche Belga, publiée sur notre site le 6 juillet, risque de laisser perplexe ceux qui n’ont pas suivi les derniers épisodes des négociations fédérales.

Il faut dire qu’il s’en est passé des choses ces dernières semaines au niveau politique. Car, pendant la crise sanitaire et plus de 400 jours après les élections, les discussions continuent. Passons sur les détails, focus sur le 17 juin : Georges-Louis Bouchez (MR), Egbert Lachaert (Open VLD) et Joachim Coens (CD&V), les présidents des partis de la coalition Wilmès 2, se réunissent.

Le trio, bientôt rebaptisé "les rois mages" au nord du pays, prend les choses en main. Ceux que Maxime Prévot, le président du cdH, surnomme "les trois mousquetaires" ont un plan : réunir le CD&V, l’Open VLD, le MR, la N-VA, le cdH et le sp.a dans une coalition. Celle-ci détiendrait alors une majorité numérique, avec 77 sièges sur 150 à la Chambre.

Restait à trouver un nom à ce patchwork politique fait d’orange (CD&V et cdH), de bleu (Open VLD et MR), de rouge (sp.a) et de jaune (N-VA). Et pourquoi pas la coalition "Arizona" ?

Cet Etat américain a, en plein centre de son drapeau une étoile orange (allusion à l'industrie minière). Celle-ci est entourée de rayons rouge et jaune. Au nombre de 13 en référence aux 13 comtés de l'Etat, ils rappellent les conquistadores et le drapeau espagnol. Le tout est souligné de bleu (symbole de liberté).


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L’idée remonte à février dernier. C’est Jan Vermeulen, bourgmestre de Deinze (Flandre-Orientale) qui en est à l’origine. "Une base bleue pour les libéraux. N-VA et PS qui doivent partager la lumière de l’étoile, au milieu, une étoile orange qui sera Koen Geens. Ça sera difficile : c’est pour ça qu’il y a le Grand canyon en Arizona. Il y a aussi beaucoup de déserts, mais si on réussit, la capitale de l’Arizona, c’est la ville de Phoenix. C’est de ça dont notre pays a besoin", disait-il alors.

Cette coalition verra-t-elle le jour ? Pas simple d’accorder tous les violons. Le cdH et le sp.a hésitent à se joindre à l’orchestre fédéral. Une valse-hésitation qui agace Georges-Louis Bouchez, le président du MR. Celui-ci espère toujours réunir les six partis avant la fin de la semaine, a-t-il confié mardi sur les plateaux de LN24 et Bel RTL.

Direction le grand canyon ?

Georges-Louis Bouchez, qui avait été chargé d’une mission d’information en duo avec Joachim Coens en début d’année, l’affirme : "Il y a des tensions, des hauts et des bas comme dans toute relation humaine. Ce qui est fondamental, c’est de venir autour de la table. Ce que je ne lâcherai pas, c’est qu’on va insister pour avoir cette réunion plénière […) Je ne comprends pas que des gens refusent une réunion. Comment voulez-vous avancer ?"

En attendant, certains voient la coalition Arizona "dans un état proche de l’Ohio" (en référence à Isabelle Adjani qui avait "le moral à zéro" en 1984 grâce à Serge Gainsbourg). D’autres y trouvent un "nouveau Western" digne de MC Solaar (avec des rois mages ou des mousquetaires à la place des sept mercenaires). Dans ce dernier cas de figure, "le vent souffle en Arizona, un état d’Amérique dans lequel Harry zona". Reste à savoir qui joue le rôle d’Harry…

Et puis il y a l’inévitable métaphore géographique, déjà soulevée par Jan Vermeulen en février, et filée depuis de gauche à droite. L’Arizona et son Grand Canyon creusé par la force du fleuve Colorado ont inspiré cette réaction à François De Smet, président de DéFI : "Cette coalition Arizona ne devrait pas s’appeler Arizona mais Grand Canyon en hommage aux scores extrêmement bas des partis qui la composent."

Le scénario "Arizona" n’est-il qu’une étape avant une nouvelle tentative ? Ou une "dernière chance" comme le chantait Eddy Mitchell en 1970 ? A l’époque, l’ex-Chaussettes Noires envisageait une solution beaucoup plus mystique : "Si le ciel veut bien m’aider. Avant la nuit je serai sauvé." Et ça, au fédéral, personne n’a encore essayé.

Journal télévisé du 06/07/2020

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