Fonds libyens : Le Prince Laurent à l'origine de la dénonciation visant Jean-Claude Fontinoy

Selon Paris-Match, c’est le Prince Laurent, informé de l’existence de la remise d’argent à Jean-Claude Fontinoy qui a pris contact avec le magistrat Jean-François Godbille. Cet avocat général émérite, spécialisé dans les affaires financières, est le rédacteur du procès-verbal évoquant la remise en cash de 50.000 euros.

Le chemin emprunté par le PV pour arriver à Bruxelles

Pour quelle raison le procès-verbal a-t-il transité par Liège avant d’atterrir dans les mains du parquet de Bruxelles ? Nécessairement pour une question de procédure liée soit à la nature de l’affectation actuelle du magistrat Godbille, soit au lieu où l’infraction alléguée a été commise. A cet égard, rappelons que Jean-Claude Fontinoy est domicilié en province de Namur qui dépend du ressort de la cour d’appel de Liège et qu’une information judiciaire est déjà ouverte le concernant à propos de l’origine de ses biens immobiliers.

Bataille de longue haleine pour récupérer ses fonds en Libye

Depuis le prononcé d’un jugement de 2014 à Bruxelles ordonnant la restitution par les Libyens des sommes engagées par la Fondation GSDT, le prince Laurent via ses avocats n’a eu de cesse de réclamer l’exécution du jugement auprès du gouvernement fédéral. Il s’agissait d’en notifier officiellement les termes aux Nations Unies pour permettre de débloquer l’argent dû. Le Prince Laurent avait déjà dénoncé plusieurs fois les tentatives d intermédiaires, tentant de lui soutirer des commissions plantureuses en échange d’interventions en sa faveur sur le sol libyen. Il s’est toujours opposé à toute remise d’argent pour récupérer les fonds de sa fondation auprès des Libyens.

Une instruction ouverte auprès du juge Michel Claise

En Belgique, l’affaire des fonds libyens fait l’objet d’une instruction judiciaire auprès du juge Michel Claise depuis octobre 2017. Sur requête des avocats de la fondation GSDT. Le juge avait dans la foulée fait saisir la totalité des avoirs libyens en Belgique, soit la somme de quatorze milliards d’euros retenus chez Euroclear. La Cour d'appel de Bruxelles a confirmé en juin dernier la légalité de la saisie.

Quel sort sera réservé au PV du magistrat Godbille ?

Il appartient au parquet de Bruxelles de donner suite. Le PV rédigé en octobre dernier peut donner matière à l’ouverture d’une information, soit être jointe à la procédure déjà ouverte à Namur, soit être confiée au juge Michel Claise, ce qui aurait le mérite de la cohérence, car il est bien au fait des éléments du dossier. Une extension de sa saisine le permettrait. D’autant qu’il reste plusieurs inconnues majeures dans cette affaire des fonds libyens que le rôle de Jean-Claude Fontinoy pourrait éclaircir car il conseillait Didier Reynders lorsqu’il était aux Finances puis aux Affaires étrangères.

A la recherche des intérêts de l’argent libyen, deux milliards d’euros évaporés

Qui a par exemple donné l’injonction au Trésor public belge de libérer graduellement plus de deux milliards d’euros d’intérêts générés par les fonds libyens retenus en Belgique ? Aucune réponse claire jusqu’ici. Où est allé cet argent ? Les différents ministres qui se sont succédé aux finances, dont Didier Reynders se sont tous renvoyé la balle au Parlement sans qu’on sache encore aujourd’hui qui est à l’origine de la décision de libérer ces intérêts, qui a exécuté la décision et surtout que sont devenus ces deux milliards d’euros. Les Libyens interrogés en Belgique déclarant n’en avoir pas vu la couleur…

Archives JT 08/11/2018: Fonds lybiens, les explications de l'Administrateur de la Trésorerie

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