Flexibilisation du travail: Elio Di Rupo dénonce un "système d'asservissement"

Elio Di Rupo, président du PS
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Elio Di Rupo, président du PS - © THIERRY ROGE - BELGA

Les mesures annoncées par le gouvernement fédéral qui visent à rendre le marché du travail plus flexible constituent "un recul social majeur" selon le président du PS Elio Di Rupo, interrogé par la RTBF. Actuellement "une semaine de travail dure 38 heures, maintenant on dit qu'on peut aller à 48 heures, et cela sera calculé sur une année. Mais il n'y a plus aucune négociation avec les organisations syndicales: cela veut dire qu'on met un(e) patron(ne) face à un travailleur ou une travailleuse. Bien entendu, si on dit à cette personne qu'elle doit travailler pendant que ses enfants sont en vacances, ce sera toujours le patron qui l'emportera. Nous sommes dans un système d'asservissement. On s'est battu durant des décennies pour permettre aux travailleurs d'avoir une certaine liberté, de pouvoir concilier une vie de travail avec une vie familiale. Aujourd'hui on donne tous les pouvoirs uniquement à l'entreprise, et pas aux travailleurs".

Je trouverais inacceptable que ce soit mon patron qui décide du moment de mes vacances, qui décide si je peux voir mes enfants ou pas.

Elio Di Rupo rappelle l'importance de la concertation sociale, en présence des organisations syndicales. "Ce qui est terrible dans ce recul social majeur, c'est que les travailleurs perdent leurs droits par rapport aux patrons. Et cela ne va pas. Cela va faire très mal. Je trouverais inacceptable que ce soit mon patron qui décide du moment de mes vacances, qui décide si je peux voir mes enfants ou pas. Je trouve que c'est vraiment une régression sociale majeure".

"40% de ce budget est basé sur du vent"

Quant aux mesures prises annoncées par le gouvernement Michel pour boucler l'ajustement budgétaire, le président du PS ne mâche pas ses mots : "Pour les citoyens, et particulièrement pour les gens qui travaillent, c'est une catastrophe. De plus, 40% de ce budget est basé sur du vent".

Tous les citoyens vont payer

Il dénonce une nouvelle fois une régression sociale: "On veut mettre les malades plus rapidement au travail, les futures pensions vont être réduites, notamment dans la fonction publique, de plus de 10%, le chômage économique va être touché, il y a une réduction supplémentaire de 170 millions dans les soins de santé, cela veut dire que les patients vont payer plus et il y a des augmentations des accises sur le diesel. Tous les citoyens vont payer". Elio Di Rupo est hors de lui: "Remettre les malades au travail plus rapidement pour faire des économies, c'est immoral".

Pour le Parti socialiste il y a des alternatives, poursuit-il : réduction des intérêts notionnels, augmentation de la taxe sur les grandes fortunes. Ces mesures permettraient de gagner 2,3 milliards d'euros, selon lui.

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