Perte de subsides pour des associations défendant des minorités en Flandre? Une note a fuité

Jan Jambon, le formateur N-VA d’une future majorité en Flandre, réunit cet après-midi 16 heures les présidents de l’Open-VLD et du CD&V.

Depuis la mi-août les discussions se déroulent dans des groupes "techniques", avec des représentants politiques mais aussi des experts des 3 partis appelés à tenter de former une nouvelle majorité. Désormais on passe donc à un niveau supérieur, ce sont les présidents des partis qui se retrouvent à partir de cet après-midi et pour plusieurs jours. Une première discussion en groupe central, alors que deux tiers des groupes de travail auraient bouclé leurs discussions. Mais des nœuds subsistent, l’heure des arbitrages est donc sans doute arrivée.

Parmi les points sensibles de ces négociations, on retrouve les finances et le budget flamand, d’autant plus que la Flandre est particulièrement exposée au Brexit.

L’objectif serait toujours d’aboutir à un accord de majorité pour le 23 septembre, date où le ministre-président flamand doit prononcer sa déclaration de rentrée devant le parlement.

Le secteur associatif en émoi

De toutes les discussions, seule une note a fuité jusqu’ici, une note qui inquiète le secteur associatif en Flandre. 78 associations ont d’ailleurs signé hier une carte blanche publiée sur le site web du Morgen.

La note prévoit noir sur blanc que la Flandre ne soutiendra plus les organisations basées sur l’origine ou le style de vie… En d’autres termes les associations qui défendent les minorités risquent de perdre leurs subsides. Et par ricochet, c’est tout le secteur associatif qui se sent menacé. On trouve parmi les signataires, les grands syndicats, mais aussi des associations de lutte contre la pauvreté, ou encore des défenseurs des droits humains. La coordinatrice de l’association Ella, qui traite de question de genre et d’ethnicité, Sarah Scheepers, est inquiète.

Derrière cette phrase, pour elle c’est clair : "Dans leur vision toutes ces associations sont trop critiques. C’est une voix critique qu’ils ne souhaitent pas. Et la façon la plus simple de les faire taire est de dire qu’elles reçoivent trop de subsides. Mais il ne s’agit pas d’une question d’argent, c’est une question de contrôle des voix contestataires. Cela se passe toujours de la même façon, on s’en prend d’abord aux plus faibles. Mais après cela touche les plus grands groupes. Les syndicats sont aussi dans le viseur. Ils ne veulent simplement pas que les gens s’organisent collectivement et prennent activement part à la société".

Ce qui a alerté les signataires de la carte blanche n’est encore qu’une phrase dans un préaccord qui n’est pas validé. Elle serait d’ailleurs l’objet de tensions entre la N-VA et le CD&V.
 

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