Fissures à Doel 3: réunion d'experts nucléaires de 8 pays concernés

Des fissures ont en effet été constatées dans la masse de la cuve de Doel 3 lors d'un contrôle par ultra-sons. Cette cuve a été livrée par le groupe néerlandais Rotterdamsche Droogdok Maatschapij (DRM), qui a cessé ses activités.

L'enquête du régulateur belge a révélé que cette société a livré des cuves pour 22 centrales à travers le monde. Outre les cuves de Doel 3 et Tihange 2, elle a également livré 2 cuves aux Pays-Bas, 2 en Allemagne, 2 en Espagne, 1 en Suède, 2 en Suisse, 10 aux Etats-Unis et une en Argentine.

L'AFCN a immédiatement décidé d'organiser une réunion pour informer les régulateurs de ces pays des constatations faites à Doel 3.

Des tests similaires à ceux qui ont été effectués sur Doel 3 seront effectués prochainement sur la cuve de la centrale de Tihange 2 qui a été mise à l'arrêt ce qui devrait déjà donner une indication. Outre l'AFCN, la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet, en charge de la sécurité nucléaire, suit également de près l'évolution du dossier.

Greenpeace étonné de la différence d'approche France - Belgique

Greenpeace s'est étonnée jeudi de la "différence d'approche" entre la France et la Belgique face à des fissures sur les cuves des réacteurs nucléaires, demandant "une harmonisation a minima européenne" de la doctrine de la sûreté sur ce sujet.

Selon Greenpeace, la cuve d'un réacteur est de fait "un composant difficilement réparable". L'association relève à cet égard la différence d'approche de la France.

En effet, selon elle, certains réacteurs français connaissent des "microfissures", que ce soit sur les tubulures ou dans le corps même de la cuve, comme en Belgique.

Ces fissures sont des "défauts sous revêtements" ou DSR, c'est à dire des fissures dans le métal de base de la cuve, "apparues lors de la fabrication au moment du recouvrement par la couche d'acier inoxydable". La plus grande de ces "micro-fissures" fait "une dizaine de mm" de long, indique Greenpeace.

Ainsi, des DSR ont été identifiés sur 23 tubulures de 12 cuves (notamment Dampierre 4, Saint Laurent, Gravelines 3...), et, "plus grave" selon Sophia Majnoni d'Intignano, chargée de campagne à Greenpeace France, sur le corps de la cuve de 10 réacteurs, pour l'essentiel sur le réacteur 1 de Tricastin. "Si l'origine n'est pas la même qu'à Doel, la conséquence est la même", souligne-t-elle.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), selon Greenpeace, contrôle ces défauts sur les cuves lors de la visite décennale, "pour s'assurer qu'ils n'évoluent pas".

Par ailleurs, en 2001, des "petites fissures" ont été détectées au niveau de la soudure d'une pénétration de fond de cuve à Gravelines 1, selon Greenpeace, et l'ASN aurait demandé à EDF de vérifier l'ensemble des pénétrations de fond de cuve des réacteurs de 900 et 1300 MW.

Greenpeace "ne comprend pas une telle différence d'approche entre les régulateurs français et belge", et s'étonne notamment de la position de l'ASN sur une "potentielle réparation" de Gravelines 1, alors que "les soudures sont des zones sensibles" et qu'en 2010 "la position de l'ASN était qu'une réparation sur la cuve était +difficile+".

Greenpeace demande en outre, suite à l'affaire de Doel, qu'une liste complète des réacteurs équipés du même type de cuve "soit publiée au plus vite". Selon l'ASN, aucun réacteur français ne dispose de cet équipement.

 


Belga

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