Fin du décret inscription : "Qu'aura-t-on demain ? Le texte est muet sur ce sujet"

L’enseignement est au centre de l’accord PS-Ecolo-MR pour la formation d’une nouvelle majorité en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elio Di Rupo a annoncé lundi un changement majeur : le décret inscriptions sera abrogé et remplacé par un nouveau décret.

Le décret inscription, c’était la bête noire des parents qui peinaient à inscrire leurs enfants dans l’établissement de leurs choix. Résultat, chaque année : des centaines d’enfants se retrouvaient "sans école" alors que l’année avait déjà commencé. Ils étaient ainsi 200 dans ce cas le 3 septembre dernier, selon des chiffres de la Commission interréseaux des inscriptions (CIRI).


>> A lire aussi: Abrogation du décret inscriptions, gel de la taxe "prosumer"… Voici le contenu des accords de gouvernement

>> A lire aussi: Accord pour le gouvernement wallon : "une triple ambition sociale, économique et écologique"


Le texte devrait donc être remplacé "par de nouvelles dispositions décrétales", a déclaré Elio Di Rupo ce lundi. Mais quelles seront les futures règles ? C’est la question que se pose Étienne Michel, directeur général du SEGEC, le Secrétariat général de l’enseignement catholique en Communauté française et germanophone."Objectif : simplification"

"À la lecture du texte, ils vont conserver a minima les éléments de l’ancien dispositif qui faisait consensus, mais ils devront s’accorder sur de nouveaux critères de départage quand il y a un excès de la demande de places sur l’offre disponible dans une école. Aujourd’hui, ces critères de départage sont des critères de proximité géographique. Par quoi va-t-on les remplacer demain ?", demande-t-il au micro de la Première.

Étienne Michel énumère toutes les solutions tentées jusqu’ici. "On a essayé dans le passé la formule du 'premier arrivé premier servi', on a essayé ensuite la formule du tirage au sort et dans un troisième temps on a eu les critères de proximité géographique. Qu’aura-t-on donc demain ? Le texte est muet sur ce sujet."

On se demande si le diable ne sera pas dans les détails

Cette suppression du décret, "c'est un espoir" pour  Michel Parys, le  président de l'ASBL Eleves, qui milite depuis dix ans contre toutes les formes de ce texte. Son souhait : qu'on "solutionne cette violence institutionnelle qui existe depuis une dizaine d'années. Mais le texte qui est formulé nous poste des interrogations et on se demande si le diable ne sera pas dans les détails."

Interrogé sur le même sujet sur les ondes de La Première, Willy Borsus, négociateur libéral et ministre-président sortant, est resté évasif. "On doit vraiment faire un nouveau système, estime-t-il. On doit faire les uns et les autres, aveu d'échec dans ce dispositif tel qu'il a déjà été modifié plusieurs fois antérieurement. On a chaque fois modifié et chaque fois on n'a pas atteint l'objectif. On a donc décidé, je pense avec sagesse, de dire : 'Attendons un peu, c'est-à-dire consultons les experts, consultons les acteurs de l'école'. Objectif : simplification."

Renforcement du CEB et pacte d’excellence

Autre point qui figure dans les accords de gouvernement : une évolution de l’épreuve du CEB, le Certificat d’Etudes de base passé par les élèves en fin de sixième primaire. "Le gouvernement renforcera le niveau d’exigence du CEB en chargeant la commission des évaluations d’adapter l’épreuve aux nouveaux référentiels du tronc commun et de s’assurer que l’épreuve du CEB permet d’évaluer correctement les acquis attendus des élèves en fin de sixième année de l’enseignement primaire et dans l’objectif de poursuivre avec fruit leur parcours scolaire. Le cas échéant, l’épreuve externe sera adaptée", lit-on dans l’accord de gouvernement en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Pour Étienne Michel, c’est une bonne chose. "Durant les 10 dernières années, on a observé des fluctuations dans le niveau d’exigence du CEB et ça nous a toujours paru très anormal. Donc, stabiliser le niveau d’exigence au CEB et le stabiliser à un niveau suffisamment élevé me paraît être le bon choix."

Le Pacte d’excellence lui est maintenu, ce qui était souhaité. "Je pense que c’est un élément positif de cette déclaration de politique communautaire. Le Pacte d’excellence a été pris au sérieux et l’ensemble des partis politiques, dont deux n’étaient pas à la manœuvre au cours de la précédente législature, ont choisi de s’inscrire dans cette logique du Pacte d’excellence. Je voudrais saluer ça et saluer la sagesse de ceux qui ont fait ce choix."


►►► À lire aussi : Un examen de fin de primaire pour tous, une bonne idée ? Le CEB standardisé fête ses 10 ans


 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK