Fin de la mission des F-16 belges en Jordanie: quels bilans militaire et budgétaire?

Les F-16 belges rentrent de leur mission en Jordanie ce jeudi. Les six avions de chasse atterriront à la base de Florennes en début d'après-midi.

Depuis leur base en Jordanie, ils ont mené des près de 300 frappes en Irak. Cette mission se faisait dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe terroriste État islamique.

La fin de cette mission n'est pas soudaine. Comme l'avait précisé le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders le mois dernier en Jordanie, la principale raison du retour est budgétaire. Depuis le départ, la Défense ne disposait en effet pas de budget au-delà de juin 2015 pour les frappes belges en Irak.

"J'ai dit que notre participation était humble, nous le faisons donc également en fonction d'un certain nombre d'obligations budgétaires, commente Denis Ducarme, chef de groupe MR à la Chambre. Et moi, je suis naturellement de ceux qui espère que nous puissions peut-être envoyer à nouveau nos F-16 là-bas et participer à l'effort collectif."

Des opérations en alternance ? Une idée "curieuse"

L'idée de missions ponctuelles au sein de la coalition internationale contre l'État islamique circule au sein de la majorité. Éventuellement en alternance avec les Pays-Bas. Mais, sur les bancs de l'opposition, on ne voit pas toujours cela d'un bon œil.

"On verra bien, selon ce que dit le gouvernement, quels moyens budgétaires seront disponibles l'année prochaine pour éventuellement mener de nouvelles actions. Mais je trouve cela assez curieux, cette action par intermittence en fonction des queues de budget que l'on peut trouver ou pas, s'interroge Georges Dallemagne, député fédéral cdH. Je pense que cette menace est très forte, et je pense qu'il faut la prendre au sérieux et pas simplement mener des actions en fonction du fait qu'on a ou pas un peu de budget."

Dans une réponse écrite à une question parlementaire datant de la fin du mois d'avril, le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), estimait le cout de cette mission à plus de 52 millions d'euros.

"L'État islamique est-il affaibli ? La réponse est non"

Mais, outre la question des coûts, les partis politiques sont aussi divisés sur les résultats de cette opération qui aura duré neuf mois. 

En septembre 2014, lors du vote de la participation de la Belgique à la coalition internationale contre le groupe terroriste État islamique, le PS avait approuvé cette opération à certaines conditions.

Aujourd'hui, le député socialiste Sébastien Pirlot se pose des questions quant à son efficacité : "On voit très bien pour le moment qu'un simple bombardement militaire, cela ne règle rien du tout, analyse-t-il. Est-ce que l'État islamique est affaibli ? A-t-il perdu des territoires de manière conséquente ? La réponse pour le moment, c'est non."

S'attaquer à la cause de cette guerre

Le groupe Ecolo-Groen s'était abstenu lors de la décision d'envoyer ces F-16 en Irak, car l'opération ne permettait pas à leurs yeux de s'attaquer à la cause de la guerre dans le pays. Et la ligne n'a pas changé chez les Verts.

"La cause de la guerre en Irak est une minorité sunnite qui ne participe pas au pouvoir aujourd'hui dans un pays dominé par les chiites, commente Benoit Hellings député Ecolo. Et donc, envoyer ces 300 bombes sur les sunnites n'a pas décollés ces populations de l'État islamique."

Du côté de la majorité actuelle, Denis Ducarme pose la question dans l'autre sens... Que ce serait-il passé sans intervention ?

"Sait-on où serait Daech aujourd'hui ? Peut-être à Bagdad, si la coalition, dont nous faisons partie avec nos F-16, n'était pas intervenue. Peut-on nier que nous avons réduit les sources de richesses et de financement ? Non. Donc il y a des points positifs", assure-t-il.

Notons enfin que, même si les F-16 rentrent au bercail, une trentaine d'instructeurs belges resteront basés en Irak de leur côté pour poursuivre une mission de formation de l'armée irakienne.

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