Filières jihadistes: un Bruxellois entendu en Belgique, arrestations en France

Perquisitions à Courtrai à la suite de l'attaque contre le Musée juif
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Perquisitions à Courtrai à la suite de l'attaque contre le Musée juif - © Tous droits réservés

Cinq personnes ont été intepellées lundi matin en région parisienne et dans le sud de la France en lien avec des filières jihadistes, trois jours après l'arrestation d'un Français soupçonné d'être le tueur du Musée juif à Bruxelles, a annoncé le ministre de l'Intérieur français. Un Bruxellois est en outre entendu par une commission rogatoire française en Belgique, selon le parquet fédéral.

Quatre personnes ont été arrêtées lundi matin en région parisienne et dans le sud de la France en lien avec des filières jihadistes, trois jours après l'arrestation d'un Français soupçonné d'être le tueur du Musée juif de Belgique, situé à Bruxelles, a annoncé le ministre de l'Intérieur français. Bernard Cazeneuve a aussi précisé que le suspect arrêté vendredi à Marseille, Mehdi Nemmouche, pourrait être extradé en Belgique. Chez nous, des perquisitions ont été menées dimanche soir à Courtrai. Deux personnes ont été entendues mais pas été arrêtées. A Anvers, Bart De Wever demande le soutien de l’armée pour la protection des intérêts juifs.

"Il y a des gens qui recrutent des jihadistes (...) Il y a à l'heure où je vous parle des arrestations en Ile-de-France et dans le sud de la France", a déclaré Bernard Cazeneuve à la radio Europe 1 évoquant, sans autre précision, quatre personnes interpellées. "Je ne vous en dirai pas plus", a-t-il ajouté, se bornant à vanter les "résultats" d'une "traque" qu'il veut "totale". Il ne faut "laisser aucune chance à ces terroristes", a-t-il dit.

Ce dossier n'est aucunement lié à l'enquête sur la tuerie du Musée juif de Bruxelles, même si Mehdi Nemmouche, arrêté vendredi en France et soupçonné d'être le tireur, semble avoir lui-même passé plus d'un an en Syrie, selon une source judiciaire rapportée par l'AFP.

Bernard Cazeneuve précise aussi à Europe 1 que "Si la Belgique demande l’extradition de Nemmouche, (il est) normal que cela lui soit accordé."

Un Bruxellois entendu par une commission rogatoire française.

Aucune des cinq personnes interpellées en France, âgées de 18 à 30 ans, ne s'est rendue en Syrie. Il s'agit de "recruteurs" présumés, de "facilitateurs", selon les expressions de sources proches de l'enquête.

Un homme résidant à Schaerbeek est an outre actuellement entendu dans le cadre d'une commission rogatoire française, concernant un dossier relatif à des filières djihadistes. Ce dossier n'est toutefois pas lié au triple assassinat au Musée juif, a indiqué lundi le parquet fédéral.

Cet habitant de Schaerbeek, de nationalité française, a été privé de liberté en, vue de son audition par la commission rogatoire française, qui enquête sur les filières jihadistes vers la Syrie. Il n'y a pas d'enquête belge dans ce dossier pour le moment, précise-t-on au parquet fédéral.

Perquisitions à Courtrai

Le bourgmestre de Courtrai Vincent Van Quickenborne (Open Vld) ne pouvait pas préciser où se tenaient les perquisitions qui ont eu lieu dimanche et si des mandats d'arrêt avaient été délivrés. Il semblerait que ça n'a pas été le cas selon plusieurs sources.

Le bourgmestre de Courtrai a cependant indiqué que les échanges d'informations devraient mieux s'opérer afin de suivre de manière plus efficace le retour des personnes qui ont été se battre en Syrie.

Des "indices graves et concordants" accablent le suspect n°1

La police française a arrêté vendredi à Marseille Mehdi Nemmouche, le principal suspect de l'attaque qui a fait à trois morts. Interpellé vendredi par les douanes françaises à Marseille alors qu'il revenait d'Amsterdam via Bruxelles en bus, son arrestation n'a été communiquée que ce dimanche.

Dans ses bagages, il transportait des armes, notamment un fusil d'assaut kalachnikov, un pistolet identique à celui utilisé à Bruxelles, ainsi qu'une vidéo dans laquelle il revendiquerait l'attaque.

Depuis, l'homme est en garde a vue, à la DGSI, dans les nouveaux locaux d'une cellule antiterroriste à Levallois-Perret, près de Paris. "Les indices sont graves et concordants", a dit le procureur de Paris.

Qui est Mehdi Nemmouch ?

C'est un parcours désormais classique : un premier passage devant le juge en tant que mineur, puis des condamnations qui s'enchainent. Entre 9 et 29 ans, il a fait sept séjours derrière les barreau. Le dernier lui vaut un signalement aux services de renseignements français : islam radical et prosélytisme en prison.

Trois semaines après sa libération, l'homme disparait. Il passe presque un an en Syrie au coté d'un groupe djihadiste, puis revient en Europe, à Francfort. Fin 2013, c'est la police allemande qui le signale aux Français, puis l'homme s'évanouit à nouveau dans la nature. C'est à cette période, semble-t-il, qu'il arrive en Belgique sans domicile fixe.

Mais beaucoup de questions sur cette période restent sans réponse pour l'instant. Les enquêteurs se demandent notamment si le suspect a eu des contacts avec un ou plusieurs groupes radicaux.

Où sera jugé le suspect ?

Mehdi Nemmouche, lui, reste silencieux depuis le début de sa garde à vue pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Un chef d'accusation qui vaut 96 heures de garde à vue en France. Une détention qui peut être encore prolongée. On le saura mardi midi.

La Belgique, elle, a demandé son extradition. Un mandat d'arrêt européen a été adressé à la France ce weekend. En principe, la France a l'obligation de livrer Medhi Nemmouche à la Belgique. Mais lui peut s'y opposer et rester en France. Bref, rien n'est encore décidé.

Bart De Wever, demande le soutien de l’armée à Anvers

Le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever, demande le soutien de l’armée pour la protection des intérêts juifs anversois. Il veut des para commandos pour protéger les cibles potentielles.

"Nous avons une importante communauté juive à Anvers. Elle est sous une menace importante depuis un certain temps déjà", a-t-il déclaré à la VRT.

La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet a répondu au bourgmestre d’Anvers au micro de la RTBF : "Je n’ai pas attendu Bart De Wever : dès l’annonce de l’attentat, nous avons mis un niveau 4 de protection. Tous les lieux où se trouve la communauté juive sont actuellement par la police locale et fédérale. C’est vrai que cela demande des moyens. Dans son communiqué, Bart De Wever dit qu’il n’a pas assez de moyens locaux pour y mettre sa propre police, ce n’est pas d’une solidarité extrême. La protection est suffisante. Nous aurons des réunions pour voir comment continuer à l’assurer sur le moyen terme de manière collective".

RTBF et Belga

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