Fête nationale: les policiers armés avec munitions réelles lors du défilé, pas les militaires

Normalement, les policiers qui participent au défilé portent une arme mais leur chargeur est dépourvu de balles réelles.
Normalement, les policiers qui participent au défilé portent une arme mais leur chargeur est dépourvu de balles réelles. - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

Les 132 agents de police qui prendront part au défilé militaire et civil de la Fête nationale le 21 juillet seront exceptionnellement autorisés à porter une arme de service chargée, avec des munitions réelles, a indiqué vendredi un porte-parole de la police fédérale.

Il s'agit, en raison du niveau de menace terroriste - fixé à trois sur un niveau de quatre - , d'une modification du protocole habituellement en vigueur, a précisé ce porte-parole, Peter De Waele, à l'agence Belga.

Normalement, les policiers qui participent au défilé portent une arme mais leur chargeur est dépourvu de balles réelles.

Cette année, les agents participant vendredi prochain au défilé des forces de l'ordre et des services de secours auront leur arme de service "dans le même état que lorsqu'ils patrouillent en rue", a précisé Peter De Waele.

Cette modification a été décidée à la suite d'une réunion de concertation mercredi avec les syndicats de policiers, qui étaient demandeurs, selon le journal 'Het Nieuwsblad'.

Les agents "pourront faire leur travail comme il faut"

Le secrétaire du syndicat chrétien ACV Services Publics Police, Jan Adam, a pour sa part souligné que les agents "pourront faire leur travail comme il faut".

"Si une situation se produit, ils pourront intervenir comme on l'attend d'un fonctionnaire de police", a-t-il précisé.

Quant aux 1660 militaires qui défileront place des Palais devant la famille royale, les principaux ministres et de nombreux spectateurs sur le thème "fier de servir", ils porteront leur arme individuelle - et leurs véhicules seront aussi dotés de l'armement de bord habituel - mais sans munition, a indiqué un porte-parole militaire, le commandant Olivier Séverin.

Par contre, les militaires engagés dans l'opération "Vigilant Guardian" (OVG) de sécurité intérieure, en cours depuis janvier 2015 en renfort de la police fédérale et qui patrouillent dans les rues de plusieurs grandes villes - dont Bruxelles -, dans les gares, les stations de métro et les aéroports ainsi que sur les sites des centrales nucléaires, seront armés comme d'habitude.

Le 20 juin dernier, un militaire avait abattu, en respectant les "règles d'engagement" (les conditions dans lesquelles ils peuvent faire usage de leur arme) en vigueur, selon le parquet fédéral, un Marocain de 36 ans. Oussama Zariouh avait tenté de faire exploser une valise dans la gare de Bruxelles-Central, provoquant deux "petites" explosions.

Les premiers éléments de l'enquête avaient dévoilé qu'il avait des "sympathies" pour le groupe djihadiste État islamique (EI, ou Daech, selon son acronyme arabe), qui a revendiqué jeudi les attaques ratées sur l'avenue des Champs-Elysées à Paris et Bruxelles en juin.

Le fait de faire défiler des militaires non armés est habituel, que ce soit lors de la Fête nationale ou lors de tout autre défilé, par exemple une prise d'armes dans la ville marraine d'une unité, a expliqué un responsable militaire sous le couvert de l'anonymat.

Mais la question de porter des armes chargées s'était posée l'an dernier. Et elle s'était soldée par un refus des autorités militaires, tout comme cette année.

En Égypte, le président Anouar el-Sadate avait été abattu le 6 octobre 1981 par un commando de fondamentalistes musulmans alors qu'il assistait à un défilé militaire au Caire à l'occasion de la fête nationale.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir