Fête de la Communauté flamande: Jan Peumans appelle à la collaboration Flandre-Pays-Bas

Ce lundi 11 juillet, la Fête de la Communauté flamande a démarré avec une cérémonie officielle à l'Hôtel de Ville de Bruxelles, et le traditionnel discours du président du Parlement flamand Jan Peumans (N-VA), ponctué de l'hymne flamand, "De Vlaamse Leeuw".

Les festivités se poursuivent dans la capitale avec Brussel Danst ("Bruxelles danse"), une série d'événements - promenades, spectacles de danse et concerts - organisés autour de la Bourse et de la Grand-Place. 

Dans son discours, Jan Peumans a mis l'accent sur la collaboration entre la Flandre et les Pays-Bas, revenant notamment sur leur passé commun et affirmant que "quand la conscience flamande se réveilla après la deuxième guerre mondiale et mena à une émancipation politique dans les années 1960 et 1970, c'est tout naturellement que les regards se tournèrent vers les Pays-Bas". Il a également évoqué l'"exemple culturel" néerlandais, mais aussi les missions économiques conjointes de la Flandre et des Pays-Bas, et a plaidé pour que la Flandre puisse avoir sa propre diplomatie économique.

"Certains esprits ne sont pas mûrs pour cette collaboration"

"Dans la Belgique fédérale, certains esprits ne se sont toutefois pas mûrs pour cette collaboration et il est à craindre qu'ils ne le soient jamais" a ajouté le président du Parlement flamand. "L'élite belge, mais aussi flamande, s'est malheureusement investie beaucoup dans les bonnes relations avec notre voisine du sud, la France, et beaucoup trop peu avec nos voisins du nord, les Pays-Bas".

Pire encore, le Fédéral freine cette relation, selon Jan Peumans, qui rappelle l'échec du rapprochement entre bpost et post.nl, dû à une crainte contre-productive "dans certains cercles fédéraux". Et de répéter que la politique extérieure de la Flandre reste "lourdement contrainte par la diplomatie fédérale".

Avec Geert Bourgeois, la N-VA appelle à une nouvelle réforme de l'État

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA), lui, n'a pas attendu le Jour J pour s'exprimer et créer la polémique. Évoquant les grèves dans le sud du pays, il a déclaré dimanche sur VTM que la frontière linguistique était "devenue aussi une frontière de la grève, et les Flamands crachent sur cela". Des propos qui ont donné lieu, hier et aujourd'hui, à une pluie de critiques et à une désapprobation du Premier ministre Charles Michel (MR).

Plus tard dans la journée de dimanche, Geert Bourgeois a appelé de ses vœux, dans son discours à Courtrai, une nouvelle révision de la Constitution, confirmant ainsi qu'une nouvelle réforme de l'État serait le message central de sa campagne électorale pour 2019. "Le fossé entre la politique flamande et la politique wallonne se creuse une nouvelle fois" a-t-il déclaré, avant de conclure que "la Belgique reste un pays avec deux démocraties, deux cultures politiques, un pays fait de deux pays".

Charles Michel: "pas de relance de réforme (institutionnelle) avant 2019"

Avant la cérémonie officielle de ce lundi, le Premier ministre Charles Michel a assuré qu'il "veillait", en tant que Premier ministre, à ce qu'il n'y ait "pas de relance de réforme (institutionnelle) avant 2019, avant que les citoyens se soient prononcés dans le cadre des élections". Il a en revanche dit comprendre qu'il existe des réflexions, "dans les partis francophones comme flamands", sur l'avenir institutionnel.

L'ancien sénateur CD&V et actuel recteur de la KULeuven Rik Torfs était l'invité de Matin Première ce lundi matin. Au delà de la polémique suscitée par les propos de Geert Bourgeois, il souligne "qu’il vaut mieux regarder le fond de la discussion. Et là il y a un nouveau clivage qui lentement semble se former. Car les grèves ont laissé voir un fossé assez important entre les mentalités des deux côtés de la frontière linguistique."

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