Fermeture de guichets : le ministre Gilkinet interpellé à la Chambre confirme qu’il demande à la SNCB de revoir sa copie

Le ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo) a été interrogé lors de la séance de questions orales à la Chambre, ce jeudi après-midi, au sujet de la fermeture des guichets de gare. Mardi, le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet, avait annoncé avoir écrit à la SNCB pour exprimer sa désapprobation à propos de sa décision de fermer progressivement 44 guichets. Il demandait au conseil d’administration de l’opérateur de chemins de fer de revoir sa décision. 

Ce jeudi, on apprenait que la patronne de la SNCB, Sophie Dutordoir, ne mâchait pas ses mots à l’adresse du ministre. Dans un courrier qu’elle a adressé mardi au ministre, elle s’insurge contre son attitude dans le dossier de la fermeture des guichets des gares et estime que la confiance entre eux est rompue.

Beaucoup de questions de parlementaires

Plusieurs parlementaires ont interpellé le ministre de la Mobilité à ce sujet. "Madame Dutordoir dit que la décision a été prise, il y a longtemps, et qu’elle a été prise avec vous", a déclaré Joris Vandenbroucke (SP-A). "Comment allez-vous rétablir la confiance avec la directrice de la SNCB ?", a-t-il poursuivi.

"Êtes-vous encore en capacité avec ce gouvernement de mener des projets ambitieux en terme de mobilité", a demandé la cdH Catherine Fonck. 

"Exigez-vous le retrait de cette décision", a renchéri pour DéFI François De Smet. Le MR Emmanuel Burton a parlé d’incompréhension, donnant en exemple la nouvelle gare de Waterloo, fraîchement dotée de guichets qui devraient fermer.

Un plan préparé dans le courant de la précédente législature…

Le ministre Gilkinet a d’abord rappelé que l’objectif du gouvernement était de "renforcer la politique ferroviaire". Il est revenu sur les investissements prévus pour l’exercice 2021 et sur les 365 millions d’euros demandés à l’Europe dans le cadre de ce plan de relance.

"C’est dans ce contexte que s’inscrit la question de l’accès aux guichets", explique le ministre qui rappelle que la politique de fermeture des guichets n’est pas neuve. Ainsi, en 2013, 43 points de vente ont été fermés, 29 autres en 2015.

Georges Gilkinet explique avoir réagi dès qu’il a appris que la SNCB souhaitait fermer 44 nouveaux guichets. "Quand la SNCB m’a annoncé son intention de mettre en œuvre un nouveau plan de fermeture de guichets, un plan préparé dans le courant de la précédente législature (ndlr : lorsqu'Ecolo et le ministre Gilkinet n’étaient pas au gouvernement), j’ai mis mes réserves. Je me suis inquiété des conséquences de cette décision potentielle sur les usagers, notamment les usagers les plus fragiles", a déclaré le ministre de la Mobilité à la Chambre.


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Georges Gilkinet a rappelé que ce point, la fermeture de 44 guichets, a été mis à l’ordre du jour du Conseil d’administration de la SNCB à la fin du mois de novembre 2020. "L’ensemble des administrateurs et des administratrices, y compris les représentants des partis qui m’interrogent aujourd’hui et, par contre, aucun administrateur écolo, puisque nous n’y sommes pas, l’ont, ce que m’indique la SNCB, unanimement soutenu", a-t-il expliqué et il a confirmé que l’ancienne commissaire du gouvernement n’a pas introduit de recours. Le procès-verbal de la réunion du Conseil d’administration a été approuvé.

Le conseil d’administration est prié de revoir la copie

"Je ne peux résolument pas me satisfaire de la situation", a estimé le ministre de la Mobilité. "Les temps changent pour le rail belge". Il a rappelé que ce gouvernement a opéré des choix politiques et a de nouvelles ambitions. La question de l’accessibilité des quais, des gares est aussi une priorité, à côté des investissements plus structurels.

C’est pour cela que le ministre a explique avoir demandé au Conseil d’administration, ce lundi, par courrier "de revoir fondamentalement sa décision avec quatre axes concrets : revoir la liste des guichets dont la fermeture est envisagée en fonction du dialogue à avoir les communes concernées et en fonction de la distance de la gare la plus proche équipée d’un guichet, appliquer un moratoire par rapport aux fermetures de guichets de gare qui n’auraient pas fait l’objet d’une convention d’occupation, soit avec un service public soit avec une association, soit avec un opérateur commercial permettant d’y assurer une présence humaine, garantir aux voyageurs un accès à une salle d’attente couverte et, si possible, chauffée dans les gares concernées et prendre des mesures concrètes permettant de lutter contre la fracture numérique au bénéfice, notamment des personnes âgées et des publics les plus fragiles, de façon à faciliter l’achat des tickets de train ou la prise de renseignements", a détaillé le ministre.

Le ministre s’attend à des discussions houleuses avec la direction de la SNCB dans les prochains jours. Il ne doute pas que, dans les prochains jours et prochaines semaines, le dialogue pourra se poursuivre.

Georges Gilkinet a regretté devoir travailler avec un contrat de gestion de la SNCB qui remonte à 2008 et qui n’a pas été modifié, dans lequel rien n’est prévu en matière d’accueil des voyageurs. Le ministre a rappelé la nécessité de changement, pour ne laisser aucun voyageur sur le quai.

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