Fermeture de Ford Genk: "La vraie raison n'est pas le coût salarial"

La sécurité sociale, "un correctif pour le capitalisme sauvage"
La sécurité sociale, "un correctif pour le capitalisme sauvage" - © OLIVIER VIN - Belga

Le président de la CSC, invité de Matin Première ce jeudi, n'apprécie pas ceux qui "se précipitent comme des vautours autour du cadavre de Ford Genk qui est encore chaud". Le coût salarial n'est vraiment pas en cause dans cette fermeture, affirme Marc Leemans. L'Europe, par contre, a une grande part de responsabilité.

"La CSC est la seule organisation qui dit que le coût salarial est un problème et que nous voulons nous y attaquer. Mais il ne faut pas mélanger les choses. Il ne faut pas prendre avantage de cette situation pour vouloir discuter du coût salarial", s'est indigné le président de la CSC visant sans le dire les déclarations du Voka, le patronat flamand.

La preuve, explique-t-il, est que Ford Genk ne délocalise pas seulement vers l'Espagne mais aussi vers l'Allemagne où les coûts salariaux sont plus élevés.

Pour lui, "la vraie raison n'est vraiment pas le coût salarial". Le problème, c'est l'Europe et nos responsables politiques qui ont accepté que l'on harmonise l'Europe au niveau économique et du libre échange "mais sans harmoniser au niveau social et fiscal". Ce qui crée de "grandes disparités entre les états membres et les multinationales le savent et en profitent". Ce qui est "un handicap" pour notre pays. Et de déclarer qu'"il faut au moins une harmonisation fiscale et sociale au niveau de l'Europe".

Pour le reste, Marc Leemans affirme que la CSC est demandeuse de discuter du coût du travail. "Depuis 6 mois, depuis que je suis à la présidence de la CSC, dans chaque interview, nous disons que nous voulons faire baisser les charges sur l'emploi en remplaçant ces charges par un financement alternatif", comme taxation du capital mais pas seulement. "Il faut un mixte de mesures" pour préserver la sécurité sociale qui est "un correctif pour le capitalisme sauvage". "Sans correction, on voit ce qui ce passe  maintenant".

Autrement dit, "si certains disent, à l'heure actuelle, qu'il y a trop de charges sur l'emploi, que l'emploi coûte trop cher, c'est parce qu'ils veulent moins de protection, moins d'encadrement. Ils veulent plus de capitalisme sauvage", conclut-il. 

 

C. Biourge

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