Femmes en politique: "On ne va pas mendier, on va juste prendre la place", dit Assita Kanko

Femmes en politique: "On ne va pas mendier, on va juste prendre la place", dit Assita Kanko
Femmes en politique: "On ne va pas mendier, on va juste prendre la place", dit Assita Kanko - © Tous droits réservés

La place des femmes en politique reste insuffisante. C'est le cri du cœur d'Assita Kanko, conseillère communale MR à Ixelles, qui propose de lancer un incubateur qui aidera les femmes à faire une carrière politique aussi bien que les hommes.

Elle était l'invitée de La Prem1ère ce mercredi.

À votre avis, il faut encore plus de quotas pour garantir la présence des femmes dans les assemblées, par exemple dans les conseils communaux ? 

"Moi je soutiens l'idée défendue également par Valérie De Bue en Wallonie, mais je crois que les lois ne vont pas suffire. Il faut aussi que les femmes découvrent de nouveaux codes et qu'elles puissent gagner les élections. Donc, quand on regarde au niveau des campagnes électorales, souvent elles sont beaucoup plus juniors parce qu'elles sont plus jeunes, pas forcément en termes d'âge, mais par rapport au moment où elles arrivées en politique.

Souvent elles ne sont pas là l'après-midi ou en fin de journée pour faire les réseaux nécessaires, quand les hommes, eux, peuvent aller boire des bières. Ce ne sont pas forcément eux qui doivent aller chercher les enfants. Donc, il y a des agendas qui font qu'elles ne sont pas souvent dans le coup, et donc elles n'arrivent pas à faire ce qu'il faut pour gagner les élections.

L'incubateur veut les connecter, leur donner des outils et leur souffler autre chose, leur dire 'vous allez gagner, vous êtes formidables', et pas juste des critiques, du sexisme ou de la violence politique".
 

C'est l'aménagement du temps qui empêche les femmes de percer en politique ?

"Je pense qu'il y a l'aménagement du temps. En discutant avec les femmes quand je travaillais sur le projet, c'est revenu assez souvent. Des réunions à des heures impossibles, où ceux qui décident ne sont pas forcément des gens qui partagent le même type de responsabilité chez eux, donc ce déséquilibre et la charge mentale reviennent à nouveau chez la femme.

Deuxièmement, le sexisme est beaucoup plus violent pour une femme en politique. On a vu avec les récents hashtags qu'il y a eu ce qui se passe au niveau des cercles de pouvoir.

Et troisièmement, il y a également une vision de l'ambition comme quelque chose de négatif. Quand une femme est ambitieuse, elle est arrogante. Il y a donc tout un équilibre à trouver qui est extrêmement complexe. On ne peut pas être nous-mêmes. Donc, on veut s'entraider et mettre plus de femmes au pouvoir".

La politique est un univers machiste, violent ?

"Je viens du secteur privé, j'ai travaillé pendant longtemps dans le secteur privé. En entreprise également, il y a de la politique, c'est vrai, mais il y a des méthodes objectives pour mesurer les performances. En politique, c'est tout à fait différent, c'est souvent une question de perception et c'est une question de construire une réputation de manière consciente ou non.

Et pour les femmes qui arrivent, on sait par exemple que 84 % des bourgmestres en Belgique sont des hommes. Où sont les femmes ? Uniquement 10% des bourgmestres à Bruxelles sont des femmes. Donc il y a un vrai problème.

Ici, c'est vraiment donner le coup de pouce qu'il faut pour que les femmes soient des gagnantes à l'issue des élections. On ne va pas demander, on ne va pas mendier, on va juste prendre la place".
 

Le gouvernement fédéral est quand même un gouvernement très masculin...

"Je le répète ici à Charles Michel. J'espère qu'il sera le premier Premier ministre qui aura un gouvernement, en tout cas au XXIe siècle en Belgique, avec 50 % de femmes. Je lui lance cette invitation, il peut venir à Polin aujourd'hui faire une sélection".
 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK