Felipe Van Keirsbilck (CNE): "La CSC n'a pas déposé les armes"

"Nous sommes dans une réalité avec un gouvernement de droite, et de droite dure, qui a dit depuis le début qu'il imposerait une norme de 0% et qu'il donnerait aux patrons tout ce qu'ils veulent. L'accord du gouvernement, c'est le catalogue des desiderata et des revendications patronales et des grands actionnaires et ça, c'est une réalité. Moi j'aimerais bien qu'on ait un gouvernement qui soit au service de la justice sociale et des travailleurs, mais nous ne l'avons pas. Dans cette négociation-là, le choix était difficile à faire. Que faire ? Accepter un accord décevant ou prendre le risque que le gouvernement impose une norme de 0% sans être sûrs qu'on soit capable de l'empêcher ?", explique le secrétaire général de la CNE.

Autrement dit, la CSC, en signant ce pré-accord, a opté pour la sécurité. Mais il précise : "Ce texte ne dit rien sur le saut d'index". Tout ce qu'il est écrit, c'est ceci: "Les travailleurs et les employeurs diffèrent d'opinion quant au saut d'index".

"Comme dans n'importe quelle convention, la paix sociale d'un accord porte sur les points de l'accord", précise-t-il. "L'index, explicitement, est retiré du texte. Par ailleurs, ce texte ne parle pas de la pension à 67 ans, de la destruction des prépensions, du vol important qui sera fait sur les travailleurs à temps partiel, de la destruction des droits des chômeurs âgés, etc.".

Il estime d'ailleurs qu'"il faut se battre contre ces mesures parce qu'elles sont socialement absurdes et économiquement catastrophiques".

En d'autres mots, "la CSC n'a pas déposé les armes".

Pas de concertation, mais du racket de la part de la FEB

Selon Felipe Van Keirsbilck, la FEB n'a pas joué le jeu de la négociation. Il parle même de manque d'honnêteté et de "racket" : "La FEB n'a pas eu l'habitude dans la concertation ces dernières semaines d'user d'honnêteté. Il faut dire que les négociations, qui ont eu lieu, relevaient d'avantage du racket que de la concertation. Je mesure mes mots... Derrière la FEB, Mr Timmermans et ses collègues savaient que le gouvernement était prêt à imposer une norme de 0% s'il n'y avait pas d'accord. Donc, ils étaient dans un fauteuil, ils n'ont pas négocié. Ils ont imposé toutes leurs volontés. Ils ont donné des cacahuètes".

"La norme salariale est très faible, elle est injustifiée", ajoute-t-il, "je pense, dans l'objectif de diviser le front syndical". Mais "le front commun n'est pas mort", assure-t-il. 

"On tentera de construire un mouvement social capable de limiter les dégâts de ce mauvais gouvernement", conclut-il.

C. Biourge

 

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