Fédération Wallonie-Bruxelles : le gouvernement débute la législature avec un déficit de 708 millions d'euros

Le nouveau gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (PS-MR-Ecolo) entame sa législature avec un déficit de 708 millions d’euros. Un déficit plus important que prévu. 192 millions de déficit prévus en 2019, le trou se monte désormais à 508 millions. Il devrait s’alourdir jusqu’à 708 millions d’euros en 2020. Voilà l’épure budgétaire présentée ce matin.

Pas de retour à l’équilibre budgétaire en 2024.

La nouvelle majorité laissera donc filer en 2020 le déficit. "De manière marginale et maîtrisée". Le ministre-président Pierre-Yves Jeholet (MR) s’explique : "La situation est difficile, on doit faire des efforts mais ce n’est pas pour cela qu’on doit s’inscrire dans de l’austérité et dans un retour à l’équilibre en 2024, ce n’est pas tenable". Contrairement à ce qu’ont annoncé les gouvernements wallon et flamand qui prévoient eux un retour à l’équilibre en 2024"Eux ont un levier, ce sont les recettes nous, nous n’avons pas ce levier".

Mais l’objectif est tout de même de ne pas laisser filer la dette. Pour le ministre du Budget Frédéric Daerden (PS) " le coût de notre dette par rapport à nos recettes est inférieur à 2%, il est d’ailleurs inférieur aux autres entités. Cela tient la route si on reste dans cette proportion".

Les grands arbitrages auront lieu en avril

Vu l’échéance du 15 octobre pour rendre l’épure budgétaire au fédéral qui la transmettra à l’Europe, le gouvernement Jeholet a donc élaboré un budget essentiellement technique, mais les grands arbitrages seront réalisés plus tard, en avril, lors de l’ajustement du budget 2020.

"On doit vraiment travailler sur les dépenses, explique Pierre-Yves Jeholet, faire en sorte de réaliser des économies, réorienter certaines enveloppes mais sans hypothéquer des moyens qui sont indispensables pour l’enseignement, pour la culture, pour la jeunesse. Notre déclaration de politique est ambitieuse, si on veut respecter cette ambition avec des politiques nouvelles il faudra aussi avoir le courage de faire cet inventaire voire si les masses budgétaires (c’est un peu plus de 11 milliards d’euros) sont affectées correctement". Bref il faudra vérifier, dit-il, que chaque ligne budgétaire est de l’argent bien dépensé. Et de pointer l’enseignement : " Vous savez l’enseignement, le plus cher au niveau européen, avec des résultats qui ne sont pas bons aujourd’hui, nous allons continuer le pacte excellence, mais il faut des résultats très clairs dans 5 ans".

"L’endettement ne menace pas le Pacte pour un enseignement d’excellence, assure de son côté le ministre du Budget, c’est un engagement que nous avons pris, c’est d’investir dans le Pacte."

Les vrais choix, les vrais arbitrages sont attendus au printemps prochain. 

Explications d'Himad Messoudi (JT 13h)

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