Fédéral: un accord de gouvernement dès la fin septembre?

Les quatre partis autour de la table se sont notamment mis d'accord pour modifier l'actionnariat de Belgacom.
Les quatre partis autour de la table se sont notamment mis d'accord pour modifier l'actionnariat de Belgacom. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les négociateurs de la probable future coalition suédoise avancent à bon rythme. Ils ont trouvé un accord de principe sur l'instauration d'un service minimum à la SNCB. Les syndicats, sans surprise, sont contre le principe. Certains, affirment déjà, qu'en cas de grève dite sauvage décidée au dernier moment, il sera très difficile pour ne pas dire impossible de mettre en place un service minimum. Mais d'autres sujets sensibles ont également pu mettre tout le monde d'accord.

Le service minimum est une revendication des quatre partis autour de la table, dénonçant notamment les grèves sauvages et leurs conséquence pour l'usager. Mais, justement, en cas de grève décidée spontanément au dernier moment - ce sera toujours possible - un service minimum pourra-t-il vraiment être appliqué ?

Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTP, rejette en tout cas déjà l'idée. Pour elle, dans tous les cas de figure, l'instauration d'un service minimum risque de poser beaucoup de problème à la SNCB.

"Comme nous l'avons vu dans d'autres pays, cette solution-là n'est pas praticable, parce qu'elle demande un choix au niveau des passagers, par exemple, qui pourront aller dans certains trains qui rouleraient, commente-t-elle. Nous ne sommes pas du tout favorable à ce genre de choses, parce que cela créera plus de problèmes que cela n'en résoudra."

Dans le même temps, elle rappelle qu'un service minimum est déjà d'application dans certains secteurs.

"Là où c'était nécessaire, nous avons négocié les services minimums. Dans les hôpitaux, là où la santé dans personnes est en jeu, bien évidemment : nous n'allons pas faire courir des risques à la population. Nous sommes des syndicalistes responsables. Je pense que c'est surtout une mesure idéologique qui ne va pas résoudre le problème, au contraire."

D'autres accords trouvés

Mais l'instauration du service minimum à la SNCB n'est pas la seule mesure sensible proposée dans la note des formateurs Charles Michel et Kris Peeters. Après deux jours de repos, les négociations "suédoises", qui avancent à bon rythme, reprendront ce mardi.

Jusqu'à présent, il s'agissait surtout d'une première lecture, mais quelques accords, au moins de principe, ont été trouvés dans bon nombre de domaines ces derniers jours. C'est notamment le cas en matière d'asile, d'immigration ou encore de police.

Les quatre partis autour de la table sont aussi d'accord pour modifier l'actionnariat de Belgacom. Depuis 1996, malgré l'ouverture au privé décidée à l'époque par Elio Di Rupo, l’État belge est resté l'actionnaire majoritaire de Belgacom. Mais aujourd'hui, les partis de la suédoise seraient prêts à changer la donne.

L’État, entend-on, n'est pas nécessairement fait pour désigner le top manager d'une telle entreprise ou de fixer son salaire. Comme cela s'est encore passé après le départ de Didier Bellens et l'arrivée de Dominique Leroy.

À l'avenir, l’État risque donc de ne plus être l'actionnaire majoritaire de Belgacom sans autre précision pour l'instant. Le sujet est lui aussi très sensible.

Du côté des négociateurs, certains estiment que, vu l'évolution des discussions, un accord de gouvernement est envisageable pour la fin septembre. Même si le plus difficile est à venir, à savoir chiffrer toutes les mesures sur la table. On pourra alors voir ce qu'il sera vraiment possible de faire.

Marc Sirlereau

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