Faut-il remettre en cause la parité sur les listes électorales ?

Faut-il remettre en cause la parité sur les listes électorales ?
Faut-il remettre en cause la parité sur les listes électorales ? - © Tous droits réservés

La salve vient du nord du pays. Valerie Van Peel (N-VA) confie au journal De Morgen ses difficultés à trouver des femmes pour confectionner sa liste à Kapellen (province d'Anvers) : "trouver des femmes ambitieuse et capable n'est pas un problème. Mais les règles actuelles créent des difficultés, et pas seulement à Kapellen." La parlementaire fédérale, constatant qu'il y a "moins de femmes intéressées par la politique", estime que les quotas obligatoires de présence de femmes sur les listes devraient faire l'objet d'une "révision" : "les bonnes personnes aux bonnes places qu'ils soient homme ou femme" conclut l'élue nationaliste. Au VLD, Egbert Lachaert pense de même : "Les quotas ne peuvent être qu'une solution temporaire."

"Tous les partis sont concernés"

Que pensent les partis du centre et du sud du pays ? On ne nie pas les difficultés à monter des listes paritaires. Même du côté d'Ecolo, pourtant parti pionnier sur les questions de parité, la co-présidente Zakia Khattabi admet que le problème est réel, "mais je refuse d'entendre que la solution, c'est la suppression des quotas. (...) Casser le thermomètre n'a jamais fait baisser la température."

Au cdH de la commune de la Forest, on a dû déplorer récemment trois refus de femmes. Laurent Hacken, le chef de file du parti centriste dans cette commune du sud de Bruxelles, constate l'existence d'une différence fondamentale entre les hommes et les femmes lorsqu'il s'agit de s'engager en politique : "autant avec les hommes, il y a un emballement tout de suite, les hommes se disent 'on y va, sans trop réfléchir'. Les femmes, ce qu'elles expliquent quand elles refusent, elles ont envie de toujours faire les choses à fond, à 100%, ce qui est tout à leur honneur. Mais avec leur boulot, avec la vie de famille, les tâches tout autour de la maison, qui prennent souvent encore trop de temps pour les femmes par rapport aux hommes dans les ménages, elles disent que ça ne sera pas possible."

Responsabilité politique

Ce temps de qualité revendiqué par les femmes pour entrer en politique, elles n'en disposent pas car, pour Zakia Khattabi "notre responsabilité politique est de nous donner les moyens de faire évoluer les mentalités de telle sorte qu'aujourd'hui, par exemple, tous les enjeux liés à la parentalité soient répartis de manière équitable, et par ailleurs nous-même, au sein de nos propres partis, nous organiser de telle sorte à favoriser la participation des femmes. Ça commence par des mesures très simples : quand on organise des congrès, si les deux parents militent, il faut organiser un accueil. Lorsqu'on fait des réunions tardes, il faut permettre aux parents de se faire rembourser le baby-sitting, pour les pères comme pour les mères. Accompagner cette parentalité de sorte à ce qu'elle ne soit pas un obstacle à la participation politique."

Aucun des politiques francophones que nous avons interrogés ne souhaite la fin des quotas. Mais pour que ces quotas ne soient plus considérés comme un "problème technique" ou des "plan B", ces candidates proches (collaboratrices de cabinet ministériel, compagnes ou voisines) d'autres candidats, une révolution copernicienne devra se faire dans les têtes, tant des hommes que des femmes.

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