Face au blocage politique, allons-nous retourner aux urnes?

Face au blocage politique, allons-nous retourner aux urnes?
Face au blocage politique, allons-nous retourner aux urnes? - © Tous droits réservés

Ils se sont vus et ont discuté au cours d'une cinquantaine de réunions depuis les élections du 26 mai. Mais le fossé est toujours aussi grand entre le PS et la N-VA. "Après huit mois, ça devient très profondément lassant" affirme Paul Magnette, invité dans Matin Première. "Entre les deux partis, ça ne peut pas marcher", précise le président du PS. Il n'aura pas fallu attendre longtemps avant que le président de la N-VA Bart De Wever réagisse: "Le PS veut provoquer des élections dans l'unique espoir d'affaiblir la N-VA et de se renforcer".


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Les deux plus grands partis du pays, le PS au sud et la N-VA au nord, semblent donc inconciliables. Or, sans eux, le futur gouvernement fédéral n'aurait pas la majorité dans son propre groupe linguistique. Ce qui pose problème pour plusieurs partis politiques, y compris le CD&V qui s'accroche à la N-VA. Alors, face à ce blocage, la solution, est-elle de retourner aux urnes? Si oui, quand pourraient-elles se tenir et comment? Et si elles ont lieu, pourraient-elles pour autant éclaircir le jeu?    

Deux voies possibles

Pour convoquer des élections anticipées, il y a deux possibilités prévues dans la Constitution. 

La première consiste dans une déclaration de révision de Constitution. La Chambre, le Sénat et le gouvernement s'accordent sur une liste d'articles de la Constitution qui pourraient être modifiés sous la prochaine législature. Cette liste est votée à la majorité simple, puis les Chambres sont dissoutes. Après publications au Moniteur belge, les élections sont convoquées endéans les 40 jours. 

L'autre possibilité se trouve entre les mains du Roi. Il décide de dissoudre le Parlement. Il faut pour cela la majorité absolue à la Chambre, soit minimum 76 voix sur 150. Les élections sont convoquées endéans les 40 jours. 

Dans l'un et l'autre cas, il faut donc une majorité au Parlement pour retourner aux élections. 

Les partis sont-ils prêts? 

Aucun parti politique n'appelle ouvertement à des élections anticipées. En revanche, en coulisses, il en va autrement. Les états majors s'y préparent. "Il faut prévoir cette possibilité" nous glisse un membre d'un des partis francophones.

Mais faut-il encore que la Chambre vote pour un retour aux urnes. Et là, le doute règne car un vote en ce sens doit donc être fait par les membres de la Chambre qui ont été élus il y a huit mois. Autrement dit, "les nouveaux élus" accepteront-ils de se saborder? Oseront-ils se représenter devant l'électeur au risque de ne pas être réélu? Et peut-on imaginer l'hypothèse d'une déclaration de révision de la Constitution, alors que les partis ne s'entendent déjà pas pour former un gouvernement?      

Les gagnants, les perdants

Un retour aux urnes signifie aussi une redistribution des sièges à la Chambre. L'opération est risquée pour bon nombre de partis.

Parmi eux, il y a bien sûr la N-VA. Le parti de Bart De Wever a perdu 300.000 voix en mai dernier. Tout profit pour le Vlaams Belang qui est passé de 3 à 18 sièges. Un retour rapide aux urnes risque d'amener une nouvelle victoire de l'extrême-droite flamande.

Les autres partis flamands, CD&V, Open VLD et SP.A, ont tous perdu des sièges suite au dernier scrutin. L'actualité de ces huit derniers mois ne leur a pas particulièrement permis de briller et de se renforcer. Et ce, malgré un renouvellement des cadres au SP.A et au CD&V.  

Du côté des partis francophones, le PS a lui aussi perdu des plumes (- 3 sièges) lors du dernier scrutin. Depuis lors, le président Paul Magnette a endossé le rôle d'informateur. Une tâche délicate, des dizaines de réunions, des notes, trois rapports… mais une mission qui n'a pu aboutir. N'empêche! Le PS a joué le jeu et a tenté de sortir le pays de la crise politique. Mais au-delà de ce bulletin, l'adversaire des socialistes dans les urnes reste toujours le PTB, qui appelle à "reprendre la lutte dans la rue". 

Le MR peut lui aussi prétendre avoir essayé de sortir le pays de la crise, grâce à la mission menée conjointement par son président Georges-Louis Bouchez et le CD&V Joachim Coens. Ces élections anticipées seraient les premières pour le nouveau président des bleus. Sa tâche serait de redresser un parti qui est passé de 20 à 14 sièges suite au dernier scrutin. 

Pour le cdH et Ecolo, des élections anticipées auraient des allures de saut dans l'inconnu. Alors que le cdH est en pleine réflexion, Ecolo, pour sa part, devrait relever le défi de faire aussi bien que son score du mois de mai (+ 7 sièges). 

 

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