Fabiola, une fervente catholique qui ne cachait pas sa foi

Fabiola combinait ses croyances profondes et ses obligations de reine.
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Fabiola combinait ses croyances profondes et ses obligations de reine. - © RTBF

La reine Fabiola, cinquième reine des Belges décédée ce vendredi 5 décembre, aura été une reine très catholique - trop pour certains. Mais Benoît Goblet, son curé, dépeint un autre portrait de la reine, loin de la grenouille de bénitier que certains décrivent.

Le 7 août 1993, la Reine Fabiola apparaît tout de blanc vêtue lors des funérailles du Roi Baudouin : c'est le signe de sa profonde croyance en la vie éternelle, mais aussi la couleur traditionnelle des reines catholiques car Fabiola pratiquait intensément sa foi.

Pour le théologien Benoît Lobet, curé de la Reine, "elle affichait clairement qu'elle était catholique et pratiquante. La messe quotidienne était quelque chose de très important".

La religion jouait un grand rôle au sein du couple royal, et ce y compris lors de leur rencontre organisée par le cardinal Suenens et par une sœur irlandaise.

Une relation entre l'Eglise et le sommet de l'Etat qui provoqua des critiques et qui éclata au grand jour lorsqu'en 1990, le roi Baudouin refusa de signer la loi sur l'avortement qui allait à l'encontre de ses convictions religieuses les plus profondes. Certains affirmèrent alors que l'ombre de Fabiola flottait derrière ce refus.

Une reine intégriste ?

Une idée que rejette le curé de la reine : "Cela me paraît absolument impossible", dit Benoît Lobet. "La reine avait trop de respect pour la fonction royale de son mari pour intervenir directement dans celle-ci. Et le roi Baudouin ne se serait pas laissé faire".

Une autre rumeur persistante fit de la reine Fabiola une sympathisante de l'Opus Dei, crée par son compatriote de Balaguer. Mais pour le confident de la Reine, Fabiola ne partageait pas les idées intégristes de l’œuvre : "Elle ne se sentait pas particulièrement proche de l'Opus Dei. Elle était plus proche d'autres mouvements écclésiaux dont elle n'a jamais cependant voulu faire partie parce qu'elle estimait que sa position le lui interdisait".

La Reine pratiqua sa religion avec ferveur tout au long de sa vie. A la mort du roi Baudouin, certains avaient même pensé qu'elle se retirerait dans un couvent, mais Fabiola avait trop de curiosité pour se couper du monde.

"C'est quelqu'un qui adorait rire, rappelle Benoît Lobet, qui aimait raconter des histoires et faire rire. On est loin de la bigote ou de la grenouille de bénitier".

Reine catholique d'un Etat laïque, Fabiola fut critiquée tout au long de sa vie par les tenants de cette laïcité. A-t-elle eu autant d'influence que certains lui en prêtent ? Seule l'histoire le dira. Mais tout au long de sa vie, elle aura tenté de faire cohabiter ses obligations de reine avec ses croyances profondes.

Dominique Dussein

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