Fabian Maingain (DéFI): "Succéder à mon père n'est pas dans mon projet de carrière"

Fabian Maingain (DeFi): "Succéder à mon père n'est pas dans mon projet de carrière"
Fabian Maingain (DeFi): "Succéder à mon père n'est pas dans mon projet de carrière" - © Tous droits réservés

DéFI entrera dans la prochaine majorité à la ville de Bruxelles. PS, Ecolo-Groen et sp.a (Change.Brussels) ont ouvert ce week-end leur majorité au parti de Fabian Maingain. De cette façon, l'association rouge-verte garantit une majorité plus lourde. Le chef de file du parti était l'invité de Matin Première ce lundi. Il évoque ses ambitions communales mais aussi les perspectives de DéFI en vue des élections de mai 2019.

Doit-il ce nouvel accord dans la capitale à son père ? "Je ne pense pas", répond ce jeune élu. "Quand je lui ai appris que les négociations étaient ouvertes, il a été le premier surpris." Selon lui, c'est la volonté du PS et d'Ecolo de construire un "projet fort autour d'une majorité forte" qui les a poussés dans les bras de DéFI.

Pourtant, tout reste à faire et les négociations débuteront cet après-midi en vue de trouver un accord pour cette nouvelle majorité. "Nous allons nous mettre autour d'une table et négocier un projet de ville autour duquel DéFI va apporter son projet, sa vision, sa marque de fabrique", estime Fabian Maingain. 

Des leçons à tirer suite aux communales

L'élu DéFI devrait débarquer au collège communal bruxellois 20 ans après son père. Qui l'a depuis quitté pour Woluwe-Saint-Lambert. Néanmoins, il tient à analyser au mieux les "leçons" de ce scrutin : "S'il y a une leçon à retenir, c'est que l'électeur a le choix et c'est l'électeur qui décidera en mai prochain pour les élections régionales, fédérales et européennes".

Pas question pour lui de se projeter trop rapidement, son objectif est avant tout de rester focalisé sur la ville. "Attendons de voir ce que l'électeur enverra en mai prochain et attendons de voir à la ville de Bruxelles le projet que l'on va pouvoir mettre en place et comment on va pouvoir définir ce projet ensemble."

D'autant que les résultats obtenus par DéFI au terme du scrutin communal n'ont pas rencontré les espérances du parti. "On attendait une progression plus nette. Mais on ne perd pas non plus, on se maintient en termes de nombre d'élus." Selon Fabian Maigain, ce statu quo est dû à un focus trop peu important sur les réelles attentes des bruxellois.

Les critiques puis les exigences

Une ville où son parti est désormais associé aux socialistes envers lesquels DéFI a formulé de virulentes critiques au crépuscule des affaires du Samusocial. Cela n'empêche rien car ces réprimandes étaient adressées au système en place et non à des personnes selon Fabian Maingain. La ville "fonctionne avec différentes ASBL qui génèrent des mandats dans des conseils d'administration et les rémunérations qui vont avec", déplore-t-il.

Dès lors, DéFI va négocier avec certaines exigences, selon l'élu. "Nous venons avec notre projet en termes de gouvernance : la question du décumul, la transparence sur les modes de gestion de ces ASBL, la fin des rémunérations des mandats dérivés. Philippe Close avait déjà montré qu'il avait compris l'importance de revoir les modes de gouvernance. On vient pour définir un projet pour une ville sans affaires et pour que ces structures fonctionnent dans l'intérêt du citoyen, dans le service qu'elles doivent rendre aux administrés et aux administrations et c'est ça qui est important." Concrètement, DéFI demande pour Bruxelles que "quand on est échevin, on ait la rémunération en tant qu'échevin et que quand on est dans une fonction qui dérive de ce mandat d'échevin, on ne touche pas de rémunération supplémentaire", explique-t-il.

"Je ne me présenterai pas à la Région"

Pourtant, à côté de son futur poste d'échevin, Fabian Maingain est aussi député à la Région Bruxelles-Capitale. Va-t-il quitter ce mandat en vertu de ses nouvelles fonctions à la ville de Bruxelles ? : "Tel que prévu par l'ordonnance que je cosigne à la région, dès 2019, je ne me représenterai plus à la région, je ne cumulerai plus, martèle-t-il. Moi j'ai porté la question du décumul dans mon parti. Je suis toujours très fier de voir qu'un parti politique comme DéFI qui, il est vrai, cumulait beaucoup dans le temps, a pu se remettre en question et aujourd'hui s'applique le décumul".

Même chose pour son père, Olivier Maingain qui cumule un poste de Bourgmestre avec des fonctions de Député fédéral et de Président de parti. Pour son fils, c'est une chose qui doit changer, conformément à la "prise de conscience qui a balayé le parti. Ce qui était accepté avant ne l'est plus aujourd'hui. En mai 2019, chez DéFI, la règle interne est claire, que l'ordonnance passe ou pas, il n'y aura plus de cumul".

La succession à la tête du parti

Le renouveau était un élément de campagne central pour DéFI. Fabian Maigain s'apprête-t-il à succéder à son père "pour le renouveau du parti" ? "Je ne pense pas, ce n'est pas dans mon projet de carrière", affirme-t-il alors qu'en octobre des élections internes désigneront le nouveau président de DéFI.

"Je pense que c'est sain qu'il puisse y avoir un renouvellement mais je ne serai pas candidat, ce n'est pas dans mon projet politique. J'espère maintenant pouvoir arriver avec un projet à la ville de Bruxelles et après ça, porter un échevinat pour travailler au projet des bruxellois", conclut-il.

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