Fabian Culot (MR): il faut écarter le président du CA de Publifin et "désigner un manager de crise"

Invité de Matin Première ce vendredi, le vice-président du conseil d'administration de Publifin s'est dit "furieux" par ce nouvel "incident" au sein de Publifin qu'il qualifie de "faute".

Pour Fabian Culot (MR), "ce n'est pas la responsabilité des administrateurs qui ont fait leur job lundi en amendant, en modifiant, en débattant le projet de rapport qui avait été préparé et qui devait être soumis à la ministre. Nous avons fait le job et puis, s'est passé quelque chose, c'est à dire une modification de certains éléments du rapport entre le moment où il a été débattu et approuvé au niveau du conseil d'administration de Publifin, et le moment où il a été envoyé".

S'il y avait un travail de mise en page et de "reformulation des remarques formulées par le CA" à faire, "sur la question des rémunérations on est manifestement allé bien au-delà en venant avec une demande d'exception des rémunérations qui n'a jamais été débattue, qui n'a jamais été souhaitée, et qui n'a très certainement jamais été décidée par le conseil d'administration de Publifin".

Qui est responsable ? 

A la question de savoir qui a apporté ces changements, Fabian Culot répond : "Il y a manifestement un document qui a circulé entre le management et le président du conseil d'administration" ; et se dédouane : "Le vice-président n'a pas beaucoup d'autres pouvoirs au sein du conseil d'administration de Publifin que les autres administrateurs. Donc, je suis appelé comme les autres administrateurs à participer au conseil d'administration et j'ai participé, comme eux, à débattre du rapport. Et d'ailleurs, l'annexe, dont on parle, est une annexe sur laquelle moi, à titre personnel, je me suis abstenu parce que, en tant que député wallon je n'estimais pas devoir l'approuver".

La faute du président du conseil d'administration de Publifin ? 

Pour le vice-président de Publifin, c'est clair, Paul-Emile Mottard (PS), le président du conseil d'administration, a certainement dû approuver ce document, le signer et l'envoyer, "c'est son rôle". Donc "manifestement, il y a eu un problème dans son chef". 

Le conseil d'administration de ce vendredi à 15h est d'ailleurs "convoqué pour ça", précise-t-il. "Pour l'entendre lui, entendre également Mr Simon (Gil Simon est le secrétaire général de Nethys, ndlr) et savoir pourquoi on a pu en arriver à une situation comme celle-là sur un point qui, pour nous et pour les administrateurs, est tout à fait fondamental. Et on est bien conscients de cela. On ne vit pas sur une autre planète. La question des rémunérations des membres du management de Publifin et de Nethys est pour nous un point essentiel et il n'est évidemment pas question de prévoir des exceptions !".

"Le titre de président doit être redébattu"

Pour le libéral, "toutes personnes impliquées dans un contexte de faits celui-là doit tirer des conséquences. Donc, moi en tout cas, je demande au parti socialiste de se repositionner quant à la présidence du conseil d'administration et de manière plus générale, à tout le conseil d'administration".  

Quant à savoir s'il faut écarter Paul-Emile Motard, il répond : "Je crois que le titre de président peut être redébattu et doit même être redébattu cet après-midi. Il faut que nous trouvions une solution par rapport à cela. Mais j'ajoute qu'il faudrait pouvoir désigner un manager de crise, choisi par le CA, hors de la société, hors du groupe Publifin-Nethys, et qui pourrait très rapidement entrer en fonction pour servir d'interface entre le conseil d'administration et le management actuel".

Des rémunérations de 245.000 euros brut par an confirmées

Si Fabian Culot a annoncé que Nethys allait se désengager de la presse belge et française pour "maintenir la pluralité de la presse", il a aussi confirmé les chiffres sur les rémunérations d'une vingtaine de ses membres, publiés par l'Echo ce jeudi. A savoir que 23 personnes dans le groupe Nethys dépassent le plafond des 245.000 euros par an brut. 

"Ce n'est pas moi qui l'ai voulu", se défend le libéral, "nous héritons de cette situation. On est dans des secteurs où, et ce n'est pas ma volonté et ce n'est pas ma philosophie, manifestement on a l'habitude de bien payer les gens".

Et de poursuivre : "On a demandé des calculs sur les indemnités à payer, sur la manière dont on pourrait sortir de cette situation-là. Tout cela est en cours et cela demande du temps parce que tout cela est compliqué. Mais si chaque semaine on ne devait pas éteindre un incendie, et bien, peut-être qu'on serait un peu plus efficace dans la gestion de ces problèmes fondamentaux"

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