F. Delpérée: "Les handicapés sont otages d'une cause indépendantiste"

"De quoi se mêle Karel De Gucht?", s'exclame le sénateur suite aux propos du commissaire européen sur les personnes handicapées.
"De quoi se mêle Karel De Gucht?", s'exclame le sénateur suite aux propos du commissaire européen sur les personnes handicapées. - © RTBF

Invité de Matin Première ce jeudi, le sénateur démocrate-humaniste est notamment revenu sur les propos de Karel De Gucht et de la N-VA et sur une éventuelle consultation des citoyens de la périphérie proposée ce mercredi par Daniel Bacquelaine (MR). Francis Delpérée a également évoqué sur le rôle de la Belgique dans la crise libyenne.

Le Parlement entendra ce jeudi le ministre de la Défense au sujet des missions belges en Libye. À la tête du comité de suivi des missions à l’étranger, Francis Delpérée (cdH) refuse d’évoquer dans le détail ces rencontres.

"Il y aura un rapport du ministre De Crem sur les aspects très militaires des opérations", indique simplement l’invité de Matin Première. "Cela se fait d’ailleurs à huis-clos. Secret défense, secret OTAN, donc je ne vous en dirai rien. (…) Il y a des éléments qui sont extrêmement confidentiels, savoir à quelle heure telle mission est réalisée, savoir dans quelle condition celle-ci se fait, de jour ou de nuit, à quelle altitude, … Il faut être réaliste et respectueux de ceux qui sont sur le terrain."

Le sénateur est plus loquace lorsque Bertrand Henne évoque le rôle que la Belgique pourra jouer dans l’après-Kadhafi. Tous ces aspects, plus politiques, seront évoqués par la Commission de la Défense et des Affaires étrangères qui se réunira ce jeudi après-midi.

"Le problème, c’est qu’il faut transformer, sans mauvais jeu de mots, un désert politique en un État", réagit Francis Delperée. "Et là, la Belgique, l’Union européenne, les Nations Unies peuvent de diverses manières, sur le plan politique, sur le plan financier, sur le plan économique, sur le plan de l’accompagnement professionnel, apporter des éléments à ceux qui organisent aujourd’hui la transition." Et d’indiquer que la Belgique est prête à réaliser certains efforts financiers "dans le cadre des efforts de l’Union européenne, avec nos partenaires engagés sur le terrain".

"De quoi se mêle Karel De Gucht?"

Les propos de Karel De Gucht (Open-VLD) sur les handicapés, rapidement récupérés par la N-VA, ne manquent pas de faire réagir Francis Delpérée. "Je suis furieux, très triste et réaliste", glisse-t-il. "Je suis furieux car on a envoyé monsieur De Gucht à l’Union européenne, comme commissaire européen, pour s’occuper des affaires européennes : de quoi se mêle-t-il ? Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. Je suis triste aussi car je vois des personnes qui souffrent d’un handicap physique ou mental et qui deviennent des otages d’une cause indépendantiste. (…) Et puis je suis réaliste car je me dis que la N-VA joue clairement la carte de l’opposition, elle fait flèche de tout bois."

Le sénateur estime que le débat est trop sérieux que pour être engagé dans des conditions pareilles. Et regrette les déclarations de la N-VA. "Je me félicite que la négociation se fasse actuellement à 8 et non pas à 9", résume-t-il.

"Je préfère l'élection à la consultation"

Le MR a indiqué mercredi qu’il souhaitait une consultation des citoyens des communes à facilité pour leur permettre de choisir entre Bruxelles et la Flandre. Francis Delpérée estime dommage que Daniel Bacquelaine n’ait pas respecté la discrétion exigée par le formateur.

"Moi, je suis élu avec des voix qui viennent notamment de la périphérie", poursuit le sénateur. "La consultation des habitants, pourquoi pas, mais je préfère encore l’acte officiel, qui est l’acte de l’élection où un certain nombre de personnes, et pas un petit nombre, disent clairement ce qu’ils veulent en votant pour X ou pour Y."

Francis Delpérée précise sa pensée, regrettant notamment que le cdH soit le seul parti à avoir, pour l’heure, déposé des amendements en bonne et due forme. Les autres partis "les annoncent pour la fin de la semaine, à un moment où la discussion va peut-être prendre un nouveau tour".

Sur la question de BHV, Francis Delpérée rappelle la position des partis francophones, qui n’évoqueront la modification des frontières linguistiques qu’en cas de scission pure et nette de l’arrondissement. Pour le moment, le professeur de droit constitutionnel de l'UCL préfère réfléchir à la notion de communauté urbaine.

"J’ai beaucoup travaillé sur la communauté urbaine de Lille, à laquelle participent des villes flamandes, comme Courtrai, ou des villes francophones, comme Comines. Et on parvient à faire des collaborations par-dessus les frontières nationales. Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose dans un ensemble belge ?"

PIAB

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