F-35, Lockeed Martin met l'aéronautique belge sur les charbons ardents

Le remplacement des F-16 par les F-35 doit en principe générer plus de 3 milliards d'euros en retombées économiques pour le secteur aéronautique belge.
Le remplacement des F-16 par les F-35 doit en principe générer plus de 3 milliards d'euros en retombées économiques pour le secteur aéronautique belge. - © YORICK JANSENS - BELGA

Accouché aux forceps, le remplacement de nos vieux avions de chasse F-16 par les F-35 du même avionneur américain Lockheed Martin a été présenté comme le marché du siècle : un contrat à 15 milliards et la promesse de plus de 3 milliards de retombées économiques pour les entreprises belges du secteur.

Reste que pour l'heure, ces retombées sont toujours d'ordre virtuel, rien n'est gravé dans le marbre. "Le contrat passé entre la Belgique et le constructeur américain ne prévoit pas de promesses chiffrées de retour",  rappelle Jacques Smal, président de l'Ewa (entreprises wallonnes de l'aéronautique). 

Alors histoire d'instaurer un climat de confiance et apaiser certaines craintes, ce jeudi matin Lockheed Martin rencontrait en grandes pompes différentes entreprises aéronautiques belges, dont la Sabca, Safran, Solvay, la Sonaca ou encore Thales Belgium. 

Des promesses, toujours des promesses?

D'emblée, le constructeur américain s'est surtout employé à rassurer l'industrie belge. "Nous avons vraiment besoin que l'industrie belge amène de bonnes idées pour réduire les coûts, nous voulons des compétiteurs", a ainsi asséné Steve Sheehy, chargé par Lockheed Martin de lier des partenariats avec l’industrie aéronautique belge. Steve Sheehy qui a aussi reconnu que la Belgique allait devoir surmonter un handicap, notre pays n'étant pas monté à bord du programme de fabrication des F-35 à son commencement.

Aujourd'hui donc, la rencontre s'est - pour l'essentiel - bornée à un (ré)engagement de principe à travailler avec des entreprises belges. Lockheed Martin a signé avec seize entreprises belges des certificats de partenariat, parmi lesquelles Sabena Aerospace, Sabca, Solvay et Proximus. 

Ces certificats ne lient pas Lockheed aux industriels. "Nous attendons de ces projets qu'ils se concrétisent mais ils peuvent encore évoluer en fonction des analyses". Steve Sheehy s'est par ailleurs engagé à ce que le choix du F-35 contribue à la croissance économique en Belgique, et entraîne la création de plus d'"emplois de qualité, certainement jusqu'en 2050 ou 2070".

Bref, le secteur aéronautique belge n'est pas au bout de ses peines, avant d'espérer décrocher la timbale. Trois milliards d'euros ça vaut bien la peine de faire preuve de persévérance... et de patience. "Ce type d'accord entre entreprises, avec un cadre réglementaire stricte dans un secteur aussi sensible prend du temps", reconnaît  Bernard Delvaux CEO de la Sonaca, qui garde l'espoir que l'"autre contrat du siècle" de se limitera pas par des cacahuètes.

Archives: Soir première 26/10/2018

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