Exercice de transparence loupé en Wallonie

Le député Écolo Stéphane Hazée exige, avec l'opposition libérale, d'obtenir tous les documents que prévoit le décret sur les rémunérations des gestionnaires publics.
Le député Écolo Stéphane Hazée exige, avec l'opposition libérale, d'obtenir tous les documents que prévoit le décret sur les rémunérations des gestionnaires publics. - © BRUNO FAHY - BELGA

Ce lundi, le Parlement wallon examinait les rémunérations des dirigeants des organismes publics. Le décret qui oblige administrateurs et gestionnaires à remplir cette déclaration date de 2004 mais il n’est appliqué pour la première fois que 11 ans plus tard. Or, l’opposition observe que les informations transmises - même parcellaires - permettent de constater que la loi n’est pas respectée.

Qui gagne quoi? Impossible de savoir!

Ce lundi, les copies rendues par les organismes dépendant du ministre Di Antonio ont laissé Écolo et MR sceptiques. Il paraît en effet particulièrement compliqué de connaître les rémunérations et avantages en tout genre des dirigeants et administrateurs d’organismes publics. C’est pourtant la loi, s’étonne Olivier Maroy. "C’est quand même normal, s’inquiète le député MR, qu’on puisse savoir ce que gagnent les gestionnaires d’entreprises publiques et d’OIP." (NDLR: Organismes d’Intérêt Public) Mais on ne le sait toujours pas, ou alors partiellement et, en tout cas, pas nominativement.
C'est logique parce que le décret ne le prévoit pas, justifie le ministre cdH Carlo Di Antonio. "Le décret, explique-t-il, garantit l’anonymat. Et il faudrait sortir de cet anonymat pour pouvoir donner des informations plus précises. J’y suis d’ailleurs favorable", déclare le ministre.

Plafonds de rémunérations pas respectés


En attendant, même sur base de formulaires remplis de façon négligente, il est déjà évident que le plafond de rémunération fixé pour les fonctions dirigeantes – 245 000€ – n’est pas toujours respecté. L’opposition épingle notamment la situation de la Société Publique de la Gestion de l’Eau où 3 membres du comité de gestion, en plus de jetons de présence à chaque réunion, se partagent une rémunération de 800 000€.
Conclusions de l’Écolo Stéphane Hazée: "Les organismes ont finalement répondu à l’exercice (de transparence) qui leur était demandé, à leur sauce. Et le député Écolo déduit de ses observations que le gouvernement n’a exercé aucun contrôle par rapport à cette information."

Ce n'est pas encore fini


L’opposition dénonce l’opacité qui règne sur ces questions. Les députés regrettent de ne pas avoir obtenu tous les éléments qui permettent un contrôle démocratique. C’est d’autant plus affligeant, disent Écolo et MR, qu’il a fallu attendre 11 ans avant d’appliquer enfin ce décret.
MR et Écolo ont donc exigé que le ministre dépose endéans le mois des informations complètes pour l’ensemble des organismes dépendant de ses compétences. On attend maintenant la suite réservée à cette motion.
L’exercice visait ce lundi les institutions sous la tutelle du ministre Di Antonio. Ce mardi, d'autres ministres ont été soumis au même feu de questions pour les organismes qui les concernent.

 

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