Exclusion d'Emir Kir : le PS tente-t-il de faire le ménage au sein de son parti ?

Jean Faniel rappelle qu'Emir Kir n'est pas le premier à être exclu du PS avec fracas.
Jean Faniel rappelle qu'Emir Kir n'est pas le premier à être exclu du PS avec fracas. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La décision du parti socialiste d’exclure Emir Kir en a sans doute surpris plus d’un. C’est en tout cas le cas de Jean Faniel, directeur général du CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques : "C’est surprenant que le parti socialiste aille aussi loin parce qu’on avait l’impression que jusqu’ici, il avait toujours été relativement conciliant à l’égard de l’attitude d’Emir Kir et ce n’est pas la première fois que ses attitudes ou ses actes étaient mis en question".

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Le politologue rappelle toutefois qu’Emir Kir n’est pas le premier à être exclu avec fracas : "On se souvient évidemment d’André Gilles qui était le leader socialiste à la province de Liège, emporté par le scandale Nethys et notamment par son arrogance lors de ses auditions devant la commission au Parlement wallon. On se souvient aussi, il y a plus longtemps que cela, d’Anne-Marie Lizin qui a quand même été présidente du Sénat et qui a été très très longtemps bourgmestre de Huy avant d’être aussi éjectée alors qu’on ne s’y attendait pas nécessairement. Mais, elle aussi, snobait de plus en plus les instances du parti et notamment, les instances disciplinaires. Et à un moment donné, Elio Di Rupo, qui était président à l’époque, avait été forcé de mettre un terme à cela et de l’exclure du parti socialiste".

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"Un choix courageux"

Comme le militant socialiste à la base de la plainte envers Emir Kir, Jean Faniel parle d’une décision difficile et courageuse : "C’est une décision qui n’était pas facile à prendre parce qu’Emir Kir est quelqu’un qui pèse sur le plan électoral, qui pèse sur le plan local. Il faut se souvenir qu’il a été secrétaire d’Etat dans le gouvernement bruxellois. C’est aussi sa force électorale qui lui a permis de renverser Jean Demanet à la tête de Saint-Josse à une époque où il y avait pourtant un accord entre eux deux. C’est aussi quelqu’un qui pèse sur le plan électoral dans sa commune, mais aussi plus largement dans toute la circonscription bruxelloise quand il était candidat à la Chambre aux dernières élections au mois de mai. C’est donc un choix courageux d’avoir osé se départir d’Emir Kir. C’est peut-être aussi un message qu’est envoyé à d’autres membres du parti socialiste qui seraient tentés d’avoir une attitude ambiguë, comme Emir Kir a pu le faire à l’égard soit du génocide arménien soit de l’extrême droite turque".

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"Donc, il y a vraiment là la volonté d’envoyer un message en sachant que pour le parti socialiste ça peut être aussi dur finalement à digérer dans le futur, notamment dans ses relations avec l’électorat bruxellois d’ascendance turque. Et on sait que ça fait quand même un paquet de voix à Bruxelles", ajoute le politologue.