Exclus du chômage: 40% des jeunes francophones visés, mesure "vicieuse"

La mesure concerne les jeunes qui sortent des études : ils ne pourront plus bénéficier d'allocations d'insertion au-delà de 25 ans, contre 30 ans aujourd'hui.

En pratique, il faudra désormais avoir terminé ses études à l'âge de 24 ans moins un jour, de quoi pénaliser les jeunes qui n'ont pas eu un parcours scolaire sans faute. Ainsi, pour des études de niveau master, une année ratée sera désormais pénalisante.

Autre mesure : les jeunes de moins de 21 ans devront désormais avoir obtenu un diplôme du secondaire pour bénéficier de ces allocations d'insertion, une mesure qui entrera elle en vigueur le 1er septembre prochain.

Une mesure "vicieuse"

La CSC a fait les comptes : ce sont selon elle près de 40% des jeunes francophones qui se retrouveront sans allocation, soit 13 000 jeunes qui sortiront des statistiques du chômage. 

"Ce qui est particulièrement vicieux dans cette mesure, c’est qu’elle cible les jeunes qui ont un parcours plus difficile, ou qui entreprennent des études plus longues, dénoncent les Jeunes CSC. Les jeunes qui réussissent sans rater une année à l’école pourraient bénéficier des allocations d’insertion. Alors que bien évidemment, ce sont eux qui statistiquement auront le plus de chances de trouver un emploi rapidement."

"Le plus grave, c'est que ces 40% de jeunes sont ceux qui en ont le plus besoin puisque ce sont ceux qui ont un parcours difficile à l'école et qui donc ont besoin d'un matelas, d'un amortisseur social", s'offusque Pierre Ledecq, responsable national des Jeunes CSC.

Avec cette mesure, le gouvernement fédéral espère économiser 62 millions en 2015, et 175 millions dès 2017. Les Jeunes CSC n'y voit eux qu'une démarche "idéologique" aux économies "marginales" qui "rapporteront 30 millions d'euros par an au gouvernement sur un montant total de 11 milliards". La mesure est donc selon eux davantage symbolique d'un point de vue économique et "le message est le suivant : maintenant qu’on a un gouvernement de droite, on va casser la solidarité, on va casser les plus faibles."

"Une double peine"

Et la situation du marché du travail vis-à-vis des jeunes ne viendra pas réconforter les futurs exclus. Selon des chiffres du Forem, pas moins de 33% des jeunes wallons sont en effet au chômage, et 40% pour la région bruxelloise.

"Pour ceux qui trouvent un emploi, ce n'est bien souvent pas un temps-plein qui permet par la suite éventuellement de toucher des allocations de chômage, commente Pierre Ledecq. C'est aussi cela qu'il faut voir : la situation s'est dégradée au niveau du marché du travail pour les jeunes et on vient rajouter une couche à ce contexte déjà difficile. C'est quelque part une double peine."

T. Mignon avec Marie-Paule Jeunehomme

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK